Jean-Pierre Bernès sur ses premiers pas à l'OM : "Mon épouse lavait les maillots à la maison"

  • A
  • A
Jean-Pierre Bernès à Europe 1 (1280x640) Europe 1 2:29
© Europe 1
Partagez sur :
Avant d’être le second du "grand OM" de Bernard Tapie, Jean-Pierre Bernès a servi le club au moment où il se battait pour sa survie, au début des années 1980.

Jean-Pierre Bernès n’a pas seulement été le directeur général de l’OM champion d’Europe en 1993. Ce club, l’actuel agent de joueurs l’a chevillé au corps et ce, depuis longtemps. C’est ce qu’il a expliqué au micro d’Europe 1 lors de l’émission "Face aux auditeurs", où il est revenu sur son rapport affectif au club phocéen, un club qu’il a servi au début des années 1980, quand il était au plus mal.

"Je faisais mon service militaire à Aix-en-Provence, et le club, en 1980-81 était en liquidation judiciaire", a expliqué celui qui gère aujourd’hui les intérêts des deux sélectionneurs nationaux, Didier Deschamps et Corinne Diacre. "Pour sauver le club, il y avait un comité de sauvegarde du football de haut niveau à Marseille qui avait été créé (…) et tous les soirs, dans la région marseillaise, dans les cafés, les restaurants, il y avait des réunions qui se faisaient avec du public, des supporters, pour acheter des cartes, à l'époque 50 francs (environ 7,5 euros aujourd’hui), pour faire des dons à l'OM. Quand je finissais mon service militaire le soir, je prenais ma voiture et j'allais dans les bars assister aux réunions. (…) Je vendais des cartes, je mettais des affiches au Stade Vélodrome…

Le destin de Jean-Pierre Bernès, qui explique que sa passion du football lui a été transmise par son père, bascule quand il rencontre Claude Cuny, ancien président de l’AS Nancy-Lorrain, arrivé à Marseille pour sauver le club. "Il m'avait remarqué dans des réunions parce que j'interpellais souvent avec des questions jugées pertinentes. Et il m'a demandé si ça m'intéressait de venir travailler. J'étais un fou de l'Olympique de Marseille, je faisais tous les déplacements, et quand j'ai dit à mes parents que j'allais entrer dans le football, mon père m'a dit : 'Avec toutes les études que tu as faites, tu vas entrer dans le football. Je lui ai dit : 'Papa, c'est de ta faute'. Et je suis entré à 24 ans dans le football."

"Au début, je m'occupais de toutes les tâches obscures"

Et, à l’époque, Jean-Pierre Bernès n’avait pas un contrat mirifique… "Il était indiqué que le club était en liquidation et que, du jour au lendemain, je pouvais être viré. Et je me suis dit : 'Tant pis, je le signe quand même, j'y avais'. Au début, je m'occupais de toutes les tâches obscures. Mon épouse lavait les maillots à la maison, les étendait sur le balcon. J'allais chercher les joueurs au service militaire, parce que mon père était militaire, donc il nous aidait pour placer des joueurs dans la région. Après, j'ai été directeur du centre de formation de l'école technique privée de l'Olympique de Marseille. C'était une école qui préparait aux CAP des métiers du football, et on pouvait avoir la taxe d'apprentissage. Et pour avoir un directeur, il fallait un universitaire et comme j'étais diplômé (de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, ndlr), j'ai été directeur et j'ai eu à l'école beaucoup de joueurs professionnels. Éric Di Meco (membre de la fameuse équipe des 'minots' en deuxième division, ndlr) a été l'un de mes élèves. Après, je l'ai eu comme joueur." Aujourd’hui devenu consultant sur RMC, l’ancien bouillant latéral était de l’équipe de l’OM championne d’Europe en 1993 quand Jean-Pierre Bernès en était le directeur général.