En remplacement de Pablo Longoria, Frank McCourt a nommé ce vendredi Stéphane Richard à la tête de l'OM. Un profil différent de son prédécesseur, l'ancien PDG d'Orange ayant déjà une expérience importante des hautes sphères, mais pas dans le football.
Un (nouveau) virage à 180 degrés. Frank McCourt a annoncé ce vendredi l'arrivée de Stéphane Richard, ancien PDG d'Orange (2011-2022), comme nouveau président de l'Olympique de Marseille. Le haut fonctionnaire de 64 ans remplacera Pablo Longoria, qui était lui issu du milieu du "scouting" (consistant à faire du repérage sur certains joueurs au service d'un club) avant d'être intronisé.
Après Jacques-Henri Eyraud et son prédécesseur espagnol, Stéphane Richard va ainsi devenir le troisième président de l'ère McCourt, propriétaire du club depuis dix ans. L'occasion de faire le point sur le profil de cette stature de l'industrie française.
Des relations avec Rodolphe Saadé
Directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo puis de Christine Lagarde au ministère de l'Economie, de 2007 à 2009, Stéphane Richard est donc connu en tant qu'ancien président-directeur général du groupe de télécommunications Orange, fonction lui ayant permis de nouer un contrat pour le naming du stade Vélodrome.
Et s'il a dû démissionner de son poste suite à sa condamnation (à six mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende) pour négligence dans l'affaire du Crédit Lyonnais, ce partenariat l'a amené à mettre un pied dans l'engrenage marseillais, participant notamment aux opérations de communications et de marketing du club.
Ses relations avec Rodolphe Saadé, patron de CMA CGM (qui serait bien placé pour reprendre le naming du stade après Orange, dont le contrat avec l'OM s'achève cet été), ne semble également pas étrangères à sa nomination.
Un amoureux de Marseille
À travers plusieurs étapes de son parcours, Stéphane Richard a développé une certaine attache avec la cité phocéenne. "Je n'y suis pas né, mais c'est la ville où j'ai passé mon adolescence et où j'ai grandi", rappelait-il dans une interview à La Provence, en mars 2012. "J'y ai passé mon bac après des études au lycée Marseilleveyre (avant d'intégrer HEC puis l'ENA, NDLR). C'est ici que je me suis construit", ajoutait-il encore.
Dans les années 1990, le Girondin avait par ailleurs occupé le poste de conseiller municipal de Bandol (Var), se présentant sur la liste de François Barois (UMP), battu lors des municipales de 2008, avant de siéger, plus récemment, comme membre du conseil de surveillance du Grand Port Maritime de Marseille (depuis 2022).
Un temps imaginé comme candidat potentiel pour la mairie de Marseille, c'est finalement à la présidence de l'OM qu'il poursuivra son histoire avec la ville, alors même qu'il venait d'être nommé administrateur indépendant non exécutif de MTN, leader panafricain des télécoms et concurrent d'Orange en Afrique.
"Je suis là pour m'inscrire dans le temps moyen-long [...] Construire un club, ça ne se fait pas en quelques mois. Il faut de la stabilité, de la méthode et de la cohérence sur plusieurs années", a-t-il expliqué ce vendredi lors de sa première prise de parole. Cela tombe bien, c'est une partie de ce qu'il a manqué à l'OM ces derniers mois.