Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Orange : le groupe réduit drastiquement ses effectifs dans un quartier sensible de Marseille

[Laetitia Notarianni / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Orange va redéployer plus de mille salariés hors de son campus Massalia, situé dans le quartier sensible de Saint‑Mauront à Marseille, plusieurs semaines après la découverte d’impacts de balles sur la façade du site. Seules les activités techniques y resteront maintenues.

Orange a annoncé qu’il allait redéployer plus d’un millier de postes de son site de Saint‑Mauront à Marseille, ne conservant qu’une faible part de ses effectifs dans ce campus installé au cœur d’un quartier considéré comme sensible, a indiqué mercredi un porte‑parole du groupe à l’AFP. 

Le campus Massalia, situé dans ce quartier populaire où subsistent plusieurs points de deal, avait été temporairement fermé le 7 janvier - pour la seconde fois en quelques mois - après la découverte d’impacts de balles sur la façade. Les salariés du tertiaire avaient alors été invités à télétravailler, rejoindre d’autres sites de la région ou s’installer dans des espaces de coworking “le temps de l’enquête”. 

Une décision qui concerne 1.100 employés

Mais le 6 février, “nous avons annoncé aux salariés qu'un retour des activités tertiaires sur le campus Orange Massalia n'était pas envisagé”, précise mercredi le porte‑parole. Cette décision concerne 1.100 employés sur les 1.200 présents sur le site. “La sécurité de nos salariés, c'est le principe qui nous anime depuis le début”, insiste‑t‑il. 

En revanche, “les activités techniques sur le site sont elles maintenues. Le site est pérenne”, ajoute le groupe. Pour relocaliser les équipes tertiaires, la direction recherche un ou deux sites supplémentaires à Marseille, dans “un environnement de qualité”. 

Depuis plusieurs mois, des syndicats signalent un climat dégradé autour du campus, évoquant des “bagarres” et une forte emprise du “narcotrafic” dans le quartier. Certains salariés affirment ne plus s’y sentir en sécurité. 

La CGT refuse "la stigmatisation des quartiers populaires" 

La décision de quitter Saint‑Mauront divise toutefois les organisations syndicales. La CGT, dénonçant ce qu’elle qualifie de “fermeture” du site, refuse “la stigmatisation des quartiers populaires” et rappelle que “l'enquête faisant suite à la découverte d'impacts de balles exclut le fait que l'entreprise Orange et ses salariés étaient visés”. 

À l’inverse, Jérôme Bissey, délégué CFDT, salue une “relocalisation” conforme aux demandes de son syndicat. “Maintenant, le suivi qu'on va faire avec la direction, c'est d'obtenir le plus rapidement possible ce fameux second site”, explique‑t‑il à l’AFP. Trois jeunes hommes de 20 ans, soupçonnés d’être impliqués dans les tirs visant le bâtiment, doivent être jugés le 24 mars.