Homophobie dans les stades : "Il n’y a que dans le foot que j’entends ces propos-là", déplore Olivier Rouyer

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Olivier Rouyer, ancien footballeur international et seul joueur professionnel français à avoir révélé son homosexualité, était l’invité du Grand journal du soir d'Europe 1. Au micro de François Clauss, il conteste la notion de "folklore" souvent mise en avant pour justifier les insultes et chants homophobes.
INTERVIEW

Vendredi dernier, le football français a vécu un moment inédit avec l’arrêt, le temps d’une minute, du match de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans en raison d’un chant homophobe. Deux jours plus tard, des insultes homophobes ont également été entendues dans les tribunes du match de Ligue 1 PSG-Rennes, sans que le diffuseur ou les commentateurs ne réagissent. "Ce n'’est plus possible, en 2019, dans un stade de foot, d’entendre ce qu’on a entendu notamment à Nancy vendredi soir", s'est désolé mardi Olivier Rouyer sur Europe 1.

"À mon époque, il n'y avait pas ce genre de chants"

L’ancien international, devenu consultant, fait part de son ras-le-bol des chants et insultes homophobes qui sont régulièrement scandés dans les stades depuis plus de 20 ans. "Je ne supporte plus cette habitude, je ne supporte plus le fait qu’on puisse dire que c’est du folklore, que, dans un stade de foot, on puisse se permettre tout et n’importe quoi." Lui qui a été le premier joueur professionnel français a révéler son homosexualité au grand public, dans les années 1980, se souvient : "À mon époque, quand j’étais joueur, il n’y avait pas ce genre de chants dans les tribunes."  

Relancé par un auditeur qui évoque le "stade comme un exutoire" où les injures sont proférées "sans arrière-pensée", Olivier Rouyer rétorque que ces pratiques n’existent que dans le football. "La seule chose que je ne comprends plus et que je ne peux plus accepter, c’est que lorsque je vais voir du handball, quand je vais voir du basket ou du rugby, je n’entends pas ce genre de cris", remarque-t-il. "Il n’y a que dans le foot que j’entends ces propos-là, et c’est insupportable."

Faire changer les mentalités

Près de dix-huit rencontres de Ligue 1, de Ligue 2 et de la Coupe de la Ligue ont fait l’objet de rapports signalant des propos homophobes depuis le début de cette saison. Une hausse des signalements due à l’évolution de la société, selon l’ancien sportif. "La société prend des orientations différentes et il faut tout simplement que la mentalité des stades de foot change avec", insiste Olivier Rouyer. "Il faut arrêter de dire que ce n’est pas grave, que c’est tout à fait normal qu’on puisse traiter les joueurs de PD, d’enc…, etc. Et cela concerne les joueurs et les spectateurs adverses." 

Europe 1
Par Cécile Da Costa