Sepp Blatter sur Europe 1 4:52
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Dans un entretien accordé à Europe 1 vendredi, Sepp Blatter se confie sur le Fifagate. L'ancien dirigeant de la fédération internationale de football livre sa version de l'affaire qui l'avait poussé à partir de la FIFA en 2015 et s'adresse directement à Michel Platini, auditionné lundi par la justice.
INTERVIEW

L'affaire a secoué la gouvernance du football mondial et continue de provoquer des remous : le Fifagate est l'un des événements politico-sportifs les plus marquants de ce début de siècle. Avant son audition lundi matin dans le cadre de la procédure pénale ouverte contre lui pour "soupçon de gestion déloyale et abus de confiance", l'ancien dirigeant de la FIFA, Sepp Blatter, livre vendredi au micro d'Europe 1* son analyse de l'affaire et défend au passage l'ancien meneur de jeu français Michel Platini, qui devait initialement lui succéder à la tête de l'institution.

À l'automne 2015, Sepp Blatter et Michel Platini (ce dernier était alors président de l'UEFA), avaient été suspendus à titre conservatoire pour 90 jours, après avoir été entendus dans le cadre d'une enquête de la justice suisse pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d'euros) du premier au second, en 2011. Sepp Blatter a ensuite été suspendu six ans et Michel Platini quatre ans. 

Une machination "anti-Platini"

Cinq ans plus tard, Sepp Blatter maintient que ces accusations, et les sanctions qui ont suivi, font partie d'une vaste machination. L'ex-dirigeant estime sur Europe 1 que "la cible numéro 1 du complot était Michel Platini, pas moi". "Celui qui pouvait être dangereux pour le président actuel, qui était à l'UEFA, n'était pas moi, car j'avais mis mon mandat à disposition", poursuit l'ancien dirigeant, qui "continue de vivre avec ce sport". "C'était ouvert, il fallait arrêter celui qui avait vraiment des chances de devenir" le prochain président de l'UEFA.

" En me mettant dans le coup avec Platini, ça allait très bien "

Or, c'est Gianni Infantino qui accéda au fauteuil laissé vacant par Sepp Blatter et donc Michel Platini, lui aussi interrogé lundi dans le cadre de cette procédure. Le président de la FIFA est aujourd'hui visé par une enquête de la justice suisse pour les chefs d'"abus d'autorité", "violation du secret de fonction" et "entrave à l'action pénale".

Il y a donc eu, selon Sepp Blatter, une machination "anti-Platini", qui l'a aussi poussé à quitter l'instance. "En me mettant dans le coup, ça allait très bien. Les deux ennemis des grandes puissances étaient tout d'un coup Platini et Blatter."

Blatter n'a "peur de rien"

Sepp Blatter invite également Michel Platini à se montrer solidaire avec lui alors que les deux anciens dirigeants font maintenant face à la justice. Aujourd'hui, "je le prendrais dans mes bras, malgré les restrictions du coronavirus", affirme Blatter. "Je dirais 'bravo Michel, (…) maintenant on se retrouve au tribunal, pour les investigations, et maintenant on est ensemble. En 2007, on était encore plus ensemble parce que je t'ai donné un petit pas pour la présidence de l'UEFA'."

Sur son avenir judiciaire, l'ancien dirigeant de 84 ans l'affirme : "Je n'ai peur de rien. Le tribunal n'est pas encore là, pour le moment on fait des auditions. Je devrais faire quelque chose de très dur pour aller en prison. Ce n'est pas le moment de penser à aller en prison, pour le moment je pense à profiter un peu de la vie et m'occuper un peu encore du football."

Quant à l'opprobre jeté sur la FIFA et ses dirigeants dans cette tentaculaire affaire de corruption, Sepp Blatter tient à défendre une gouvernance aujourd'hui très critiquée : "Dire que tout le monde est corrompu, ce n'est pas vrai."

*Un long entretien de Sepp Blatter sera également à écouter sur Europe 1 dimanche soir, entre 20h et 21h, dans "Europe 1 Sport".