"Beaucoup de points communs" : cet entraîneur de rugby s'est inspiré de la danse classique

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En 2009, alors qu'il était entraîneur des avants du XV de France, Didier Retière, aujourd'hui directeur national technique de la Fédération française de rugby, a décidé d'échanger avec des danseurs de ballet, "grands spécialistes" de portés certes différents de ceux du ballon ovale… Mais "avec beaucoup de points communs", assure-t-il au micro d'Europe 1. 
INTERVIEW

Difficile, à première vue, d'imaginer deux sportifs plus différents qu'un rugbyman et un danseur classique. "Mais il y a quand même beaucoup de points commun", assure Didier Retière. Invité de la matinale d'Europe 1, jeudi, le directeur technique national (DTN) de la Fédération française de rugby a expliqué comment il s'était inspiré des ballets pour faire gagner en "fluidité" à ses joueurs. 

Une "boutade" au départ

Tout commence en 2009, alors que Didier Retière est entraîneur des avants du XV de France. "Le début de l'histoire, c'est une photo dans un magazine, d'un danseur qui porte une danseuse dans sa main", raconte-t-il. Le coach pense alors aux portés de ses propres joueurs, au moment des touches. "Je me disais : mais si on est capable de faire ça avec des joueurs de rugby, ce serait assez incroyable."

Au départ, il s'agissait d'une "boutade". "Et puis, j'ai échangé avec un ami journaliste qui avait des liens avec le milieu de la danse. Et quelque chose de plus sérieux s'est enclenché derrière", explique Didier Retière. L'idée est d'échanger avec des spécialistes du ballet, "pour avoir le ressenti de grands spécialistes". "J'ai été voir des ballets, un chorégraphe est venu au Stade de France, voir un match de rugby en direct", explique le DTN. "Et puis après, on a beaucoup échangé. Et ça a été très riche parce qu'on était vraiment sur deux univers complètement différents." 

"Tous les sportifs sont curieux"

Qu'en a tiré le rugbyman ? "De la fluidité, de l'économie d'énergie, de l'efficacité aussi". "On ne se rend pas compte de la performance sportive que représente un ballet, mais quand on voit les portés, les enchaînements, rien n'apparaît sur le visage du danseur… C'est juste incroyable", s'enthousiasme-t-il. 

Les échanges n'ont toutefois jamais impliqué de participation des uns aux entraînements des autres. "Simplement cette curiosité", pose Didier Retière, qui reconnaît avoir dû user de "pas mal de diplomatie" auprès de ses joueurs, "parce que le mélange des milieux peut faire un peu peur". "Finalement, je crois que tous les sportifs sont souvent assez curieux de ce qui se passe dans d'autres activités", conclut-il. 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel