Xavier Gorce : "Je ne crois pas que ça briderait la liberté que de donner son nom sur les réseaux sociaux"

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Le dessinateur du "Monde" Xavier Gorce souhaite la fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux pour que chaque internaute se responsabilise quant aux propos, parfois agressifs, qu'il s'autorise à tenir.
INTERVIEW

Las de l'impunité sur les réseaux sociaux, le dessinateur Xavier Gorce a décidé de taper du poing sur la table. Le 10 janvier dernier, celui qui publique Les Indégivrables sur Le Monde proposait un projet de loi d'initiative citoyenne pour que tous les comptes des réseaux sociaux soient nominatifs, pour que tout puisse être dit mais que chacun assume ses paroles. 

"Pris à partie" par des internautes anonymes. "Je dois préciser que ce n'est pas très sérieux, je n'ai pas l'intention de porter un projet de loi devant l'Assemblée nationale", indique-t-il d'emblée chez Matthieu Noël sur Europe 1 lundi matin. Mais le sujet mérite toutefois que l'on s'y penche, assure le dessinateur. "Dès qu'on publie un dessin qui comporte de l'ironie, on est pris à partie par des gens qui se cachent derrière l'anonymat que permettent les réseaux sociaux. Il y a des gens qui interviennent dans un débat ouvert, posent des questions, et d'autres qui sont dans l'insulte, l'invective et la mise en cause nominative", explique Xavier Gorce.

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Assumer tous ses propos. Selon l'auteur des Indégivrables, "au fur et à mesure du développement des réseaux sociaux, on voit que ce phénomène prendre de l'ampleur." Dès lors, mettre fin à l'anonymat encouragerait les internautes à réfléchir avant de poster un message. "Je ne crois pas que ça briderait la liberté que de donner son nom. Mais à partir du moment où on a quelque chose à dire, on peut l'assumer, ça permettrait de parler en responsabilité", défend le dessinateur.

Un humour mal perçu par ceux qui n'ont pas les codes. Si l'avènement des réseaux sociaux a eu pour mérite indiscutable d'offrir à chacun la possibilité de s'exprimer, le revers de la médaille réside en ces attaques ad nominem contre les auteurs d'un humour mal compris par certains. "L'humour est un code entre celui qui l'émet et celui qui le reçoit. Si vous faites de l'humour avec quelqu'un qui n'est pas dans votre code, forcément ça passe à côté. Avec les réseaux sociaux, ça s'adresse à tout le monde. Donc il y a des choses qui passent et d'autres non, des choses qui ne sont pas comprises par celui qui reçoit." Et d'ajouter : "Il y a aussi le problème de la décontextualisation du dessin, qui fait que l'on ne comprend pas forcément le second degré, l'ironie. Et c'est pris pour de l'agression directe."

Les réseaux sociaux, ou la place publique. Pour autant, Xavier Gorce n'envisage pas, et n'a jamais envisagé de quitter les réseaux sociaux, car ils sont aujourd'hui "l'agora collective". "Si on veut continuer à émettre des idées, des dessins, il faut aller sur la place publique. Et la place publique, c'est Twitter entre autres."