L'objectif est d'encourager les victimes à parler (Illustration). 7:00
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Sandrine Prioul, édité par Antoine Terrel
Deux semaines après la publication du rapport sur les abus sexuels dans l'Eglise, la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants a entamé mercredi un tour de France à Nantes, afin de favoriser la libération de la parole chez les victimes. 
REPORTAGE

L'objectif : encourager les victimes à parler. Alors que le monde catholique est encore sous le choc, deux semaines après la publication du rapport du président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise catholique (Ciase) Jean-Marc Sauvé, qui a mis en lumière l'ampleur l'ampleur du phénomène de pédocriminalité dans l'Eglise, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a démarré un tour de France. C'est donc à Nantes que la CIVISE a tenu sa première réunion publique. 

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"Mesdames et messieurs, nous pensons que parmi vous sont présentes des personnes qui ont été victimes de violences sexuelles dans leur enfance. Nous vous croyons", est-il assuré aux personnes présentes. Dans la foule, on croise des victimes, des témoins, des aidants venus par dizaines pour se libérer. La parole est crue. Pour Sylvie, après 13 ans d'enfance détruite dans le huis clos familial, l'effet cathartique est immédiat. "D'avoir parlé comme ça, parce que c'est la première fois...J'ai la gorge serrée", raconte-t-elle. "Je tremble toujours et je me rends compte que je me réveille au bout de 30 ans. D'avoir vécu ça...C'était tellement bloqué au fond de moi. Il fallait que ça sorte."

La parole écoutée

Pendant deux heures, la parole est cette fois écoutée. La Commission et son président, Édouard Durand, promettent que plus jamais elle ne sera remise en doute. "Toute la société a vu que ce mouvement, qui était souterrain, est sorti et s'est exprimé d'une manière extrêmement massive", assure ce dernier. "Et il nous fallait franchir ce pas supplémentaire en nous déplaçant à la rencontre des personnes victimes."

Mais cet ancien juge pour enfants sait surtout qu'il fait naître ici des attentes fortes, auxquelles il faudra vite répondre.