Vincent Lambert : Macron estime qu'il ne lui "appartient pas" de trancher

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L'arrêt des soins de Vincent Lambert a commencé lundi.
L'arrêt des soins de Vincent Lambert a commencé lundi. © AFP/COURTESY OF THE LAMBERT FAMILY
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Le président de la République, interpellé par les parents de Vincent Lambert, dont l'arrêt des soins a commencé lundi, a indiqué ne pas vouloir "s'immiscer dans la décision de soin et de droit".

Emmanuel Macron a déclaré lundi qu'il ne lui appartenait pas de s'immiscer "dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert", dont l'arrêt des traitements a commencé lundi.

"Aujourd'hui, comme président de la République, il ne m'appartient pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois", écrit le chef de l'État sur Facebook. "La décision d'arrêter les soins a été prise au terme d'un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale" et "en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d'obstination déraisonnable", ajoute-t-il.

Bras de fer judiciaire depuis plusieurs années entre membres de la famille, l'arrêt des soins à cet ancien infirmier psychiatrique en état végétatif depuis plus de djx ans a débuté lundi, après avoir été validé par le Conseil d'État fin avril. Samedi, les avocats des parents avaient imploré Emmanuel Macron d'intervenir pour maintenir les traitements, qualifiant la mort programmée du patient de "crime d'État commis au prix d'un coup de force contre l'État de droit".

Macron "profondément touché" par la situation de Vincent Lambert

Dans son message, Emmanuel Macron souligne être "profondément touché" par la situation du patient et plaide pour "le respect de la dignité de toute vie humaine". "Comme homme, comme tous les Français, je me suis interrogé pour moi, pour mes proches. Sur cette question, qui touche à la part intime de chacun, il n'y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements", commente-t-il. 

"Derrière les déchirements, j'entends une angoisse : celle qu'en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d'un citoyen. C'est précisément parce que ce n'est pas le cas, parce qu'il n'y a pas, dans notre pays, de place pour l'arbitraire, que je n'ai pas à m'immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert", conclut-il.

Les parents ont décidé lundi de déposer plusieurs recours pour tenter de stopper l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, qui entraîneront son décès. L'un des recours a été rejeté lundi par la Cour européenne des droits de l'homme, faute d'"élément nouveau".

Le pape appelle à "protéger la vie"

Dans un tweet, le pape François a appelé à protéger la vie "du début à la fin naturelle", un message que son porte-parole a partagé en appelant explicitement à prier pour le Français Vincent Lambert. "Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet", a écrit le souverain pontife.