Universités : des chercheurs dénoncent "l'ampleur" des violences sexistes et sexuelles

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Plusieurs centaines de chercheurs ont signé une tribune qui dénonce l'ampleur des violences sexistes et sexuelles qui ont lieu à l'université.
Plusieurs centaines de chercheurs ont signé une tribune qui dénonce l'ampleur des violences sexistes et sexuelles qui ont lieu à l'université. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Dans une tribune, quelque 500 chercheurs ont dénoncé des "stratégies d'évitement" mises en place par les universités face aux violences sexistes et sexuelles qui ont lieu dans les universités.

Un collectif de chercheurs a dénoncé jeudi des procédures disciplinaires "encore trop rares" au sein des universités face à "l'ampleur" des violences sexistes et sexuelles qui ont lieu, selon eux, au sein des établissements d'enseignement supérieur.

"L'ouverture de procédures, laissée à la discrétion de la présidence des universités, est encore trop rare au regard de l'ampleur des phénomènes de violence", ont dénoncé quelque 500 chercheurs qui évoquent des "lâchetés institutionnelles", dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde.

Des "stratégies d'évitement" et des victimes considérées comme des témoins

Ces chercheurs mettent en cause des "stratégies d'évitement" de la part des universités telles que des "réponses dilatoires", des "tergiversations", ou encore des "ouvertures d'enquêtes administratives internes au fonctionnement opaque" et des "accusations de diffamation" pour "refuser d'ouvrir ces procédures disciplinaires".

Si plusieurs universités ont bien sanctionné des agresseurs selon le collectif depuis octobre 2017, "les procédures fonctionnent structurellement en défaveur des victimes" souvent "considérées comme des témoins" et qui "ne peuvent pas faire appel des décisions".

Pour la mise en place de "vraies cellules de veille"

Entre autres mesures, les signataires de la tribune réclament la mise en place de "vraies cellules de veille" sur le harcèlement sexuel au sein de chaque université. Leur nombre et les moyens humains et financiers qui leur sont alloués sont jugés trop "limités" à ce jour.

Les "cellules de veille", mises en place par le gouvernement depuis mars 2018 dans les établissements d'enseignement supérieur, peuvent être saisies en cas de harcèlement, bizutage, agressions sexuelles par les victimes ou des témoins, y compris indirects. Le gouvernement a également annoncé l'an dernier la formation d'ici 2020 de 13.000 agents du personnel Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) sur les violences sexistes et sexuelles.