Université de Lorraine : une enquête ouverte sur des propos racistes visant les étudiants noirs

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Un groupe d'étudiants de l'Université de Lorraine consacrait une conversation Messenger à insulter les étudiants noirs.
Un groupe d'étudiants de l'Université de Lorraine consacrait une conversation Messenger à insulter les étudiants noirs. © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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L'Université de Lorraine va ouvrir une enquête administrative après les révélations d'échanges racistes visant les étudiants et les enseignants noirs sur les réseaux sociaux, a indiqué le directeur de la communication de l'établissement. 

L'Université de Lorraine s'apprête à ouvrir une enquête administrative après avoir été alertée sur des échanges de propos et de vidéos racistes entre des étudiants, a indiqué samedi le directeur de la communication de l'université David Diné. "Nous avons été alertés hier par les réseaux sociaux sur le fait qu'un groupe privé Messenger (la messagerie de Facebook, NDLR) d'étudiants en sociologie à Metz était apparemment un déversoir de propos et de vidéos racistes se moquant des étudiants et d'enseignants noirs", a-t-il expliqué.

Des photos avec des commentaires racistes

Trois jeunes filles blanches de 19 ans prenaient notamment en photo les étudiants et les intervenants noirs pendant les cours en amphi, et publiaient les photos dans le groupe en ajoutant des commentaires racistes. Même si "deux ou trois étudiants" seulement feraient partie du groupe incriminé, l'université va très prochainement "diligenter une enquête interne administrative" en vue d'une éventuelle plainte, considérant la situation "assez grave pour interroger la communauté universitaire". Toujours selon David Diné, l'affaire a été révélée "à l'occasion d'une sortie, quand une jeune fille a pris des captures d'écran des conversations de ce groupe et les a postées sur les réseaux sociaux".

"Ils prennent les Noirs en photo, en nous traitant de singe, en disant qu'on a des poux (...) en mettant des émojis singes, en disant qu'on pue. On a un ami, dès qu'il s'approche d'eux, ils sortent leur parfum", a témoigné la jeune femme sur Twitter. "On s'est pas laissés faire, on s'est expliqué, et ils ont eu comme excuse bidon de dire que c'était de l'humour. À quel moment tu peux rigoler sur la couleur de peau de quelqu'un ?", s'interroge-t-elle. 

Une affaire devenue virale

Dans un tweet posté vendredi soir alors que cette affaire devenait virale sur les réseaux sociaux, l'université a "condamné la gravité des actes racistes dont elle a pris connaissance (...) commis sur les réseaux sociaux par des étudiant.e.s.". Une "enquête interne sera instruite avec la plus grande fermeté", a-t-elle ajouté.

Le syndicat étudiant UNEF Lorraine a appelé dans un communiqué "la communauté universitaire (à) apporter des réponses fermes face à de tels actes" qu'il "condamne et dénonce fermement". On ne sait pas encore si l'université va porter plainte. C'est ce que ces étudiants ont essayé de faire avec l'aide d'un avocat, mais les policiers ont refusé dans un premier temps de prendre une action collective et les ont invité à déposer plainte individuellement.