Entre 1.500 et 2.000 manifestants contre un site d'Amazon près de Nantes

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Un millier de manifestants anti-amazon est attendu à Montbert, près de Nantes. 1:45
Un millier de manifestants anti-amazon est attendu à Montbert, près de Nantes. © JOHANNES EISELE / AFP
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Entre 1.500 et 2.000 personnes ont manifesté samedi à Montbert près de Nantes, contre l'implantation d'Amazon et pour dénoncer l'impact néfaste que ce projet aurait pour l'économie locale. Le géant du e-commerce prévoit d'y installer l'une de ses plus grosses plateformes françaises. Après Notre-Dame des Landes, certains élus et la préfecture craignent une nouvelle ZAD.
REPORTAGE

Quelque 1.500 personnes selon la préfecture, plus de 2.000 selon les organisateurs, se sont rassemblées samedi à Montbert près de Nantes, pour protester contre l'arrivée d'Amazon. 

"Dénoncer l'impact qu'aurait ce projet pour l'activité fiscale, sociale et l'économie locale"

Partis après 14 heures du rond-point du lieu-dit Le Butay, les manifestants, dont beaucoup étaient venus en famille et certains en vélos, ont marché jusqu'à l'entrée grillagée du futur site d'Amazon. "Bezos veut toujours plus de pesos", "Stop à Amazon et son monde", "Ni ici ni ailleurs", pouvait-on lire sur les banderoles. La manifestation qui se voulait bon enfant, avec danse et fanfare, avait été précédée de prises de paroles et de chants, selon les organisateurs.

"Nous voulons dénoncer l'impact qu'aurait ce projet pour l'activité fiscale, sociale et l'économie locale", a déclaré Guillaume Erceau porte-parole d'ATTAC 44, ajoutant vouloir "créer un rapport de force à Montbert et à la communauté de communes" face à Amazon. "Mobilisation exceptionnelle", s'est félicité dans un tweet le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin (ex-LREM)

"Amazon va faire bouger la commune"

Amazon prévoit d'installer dans la petite commune de Montbert une de ses plus grosses plateformes logistiques en France, 185.000 mètres carrés, ce qui provoque la colère d'une dizaine d'associations et les rêves d'une nouvelle ZAD pour les plus radicaux.

La préfecture redoutait la présence dans la manifestation de membres de l'ultra-gauche, anciens combattants de Notre-Dame-des-Landes. Une idée qui angoissait Haïda, épicière rencontrée par Europe 1 : "J'habite juste derrière et ça me fait un peu peur. C'est chaud, quand même, et surtout maintenant avec le Covid, avec tout ce qui en passe, les moments difficiles, il ne manquait plus que ça…", déplorait celle pour qui l'arrivée de cette plateforme est plutôt une bonne nouvelle. "Amazon, ça va faire bouger la commune, ça va ramener du monde ! On est là pour aider la commune ou pour que tout ça soit fermé ?"

Fouilles de véhicules renforcées

Les autorités avaient interdit le transport de matières dangereuses et d'objets pouvant constituer une arme, et les fouilles de véhicules et de personnes ont été renforcées. "Voir une minorité empêcher les projets avec de telles manifestations, avec des risques d'occupation, avec de l'ultra violence... Moi, je trouve ça scandaleux", s'est énervé le président Les Républicains de la Communauté de communes de Grand-Lieu, Johann Boblin, que ces menaces indisposent. "Nous allons avoir des filières entières qui vont connaître des plans sociaux. Amazon, en période chargée, c'est 2.000 à 2.500 emplois !"

Europe 1
Par François Coulon, édité par Séverine Mermillod