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Une enquête ouverte dans le Grand-Est, pour déterminer les causes de pollutions aux PFAS

[Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Dans la Meuse et les Ardennes, une enquête a été ouverte cette semaine pour tenter de déterminer les causes d'une pollution aux PFAS, dans l’eau du robinet de quatre communes. Un cas similaire a également émergé dans les Vosges.

Les PFAS sont-ils le scandale sanitaire de notre époque ? De plus en plus de régions de France sont touchées par ces polluants éternels, des substances chimiques issues généralement de l’industrie, qui s’infiltrent dans l’eau, dans les sols, et qui peuvent avoir des effets graves sur notre santé. 

Dernière affaire en date : dans la Meuse et les Ardennes, une enquête a été ouverte cette semaine par le parquet de Nancy pour tenter de déterminer les causes de la pollution aux PFAS dans l’eau du robinet de quatre communes. Un cas similaire émerge dans les Vosges, où un collectif de citoyens alerte et porte plainte. 

"Risques de cancers et de problème immunitaires"

Depuis le mois d’octobre dernier, les habitants des villages vosgiens de Tendon et d’Arrentès-de-Corcieux ont interdiction de consommer l’eau de leur robinet, vigilance aussi dans la commune voisine de Champdray. Le taux de PFAS (polluants éternels) y est effectivement bien trop élevé, selon l’Agence Régionale de Santé (ARS).

"Les habitants qui ont consommé l’eau depuis une dizaine d’années se demandent quels types de pathologies cela peut entraîner", rapporte Jean-François Fleck, vice-président de Vosges Nature Environnement. "Il y a des risques de cancers identifiés, de problèmes immunitaires donc oui, il y a de l’inquiétude", précise-t-il.

"Il faut pratiquer le principe du pollueur payeur"

Son association (Vosges Nature Environnement) ainsi que trois autres (l’Association de Sauvegarde des Vallées et de prévention des pollutions, Lorraine Nature Environnement et Oiseaux Natures) se sont donc constituées en collectif pour porter plainte. Elles demandent l’ouverture d’une enquête, comme celle qui est en cours depuis cette semaine dans la Meuse et les Ardennes.

Le premier objectif est de retrouver les responsables de cette pollution. "Nous avons une cause quasi identifiée qui correspond à un épandage industriel de boue depuis les années 2003", avance Jean-François Fleck. Il entend aussi pouvoir dédommager les victimes de cette pollution : "Il faut pratiquer le principe du pollueur payeur" insiste-t-il.

"L'eau du robinet, ce n'est que la face immergé de l'iceberg"

Une enquête judiciaire permettrait aussi de pousser plus loin les investigations. "L’eau du robinet, ce n’est que la face immergée de l’iceberg", explique Jean-François Fleck. "Ce qu’il est important de déterminer aujourd’hui, c’est le taux de contamination des sols et la propagation des polluants qu’il y a pu y avoir vers les végétaux, les animaux et les eaux de ruissellement", poursuit-il.  

Pour l’instant, seules trois communes sont officiellement concernées par cette pollution aux PFAS dans les Vosges. Mais Jean-François Fleck est convaincu que le problème est bien plus étendu : "Il y a plus d’une vingtaine de communes dans lesquelles il y a eu un épandage de ces boues industrielles", explique-t-il, ce qui pourrait représenter en réalité environ 1500 hectares de terres polluées. 

"Un écocide (...) et un scandale de santé publique"

En plus de la Meuse, des Ardennes et donc des Vosges, une plainte a aussi été déposée près de Lyon par 200 riverains de la "vallée de la chimie" contre deux industriels émetteurs de PFAS, à qui ils réclament plus de 36 millions d'euros en réparation de préjudices.

Le problème des PFAS peut donc potentiellement concerner "tout le monde, dans toutes les régions de France", estime Jean-François Fleck. "On est à la fois dans ce qu’on peut appeler un écocide, parce que c’est extrêmement grave ce qui se passe avec ces polluants éternels : des milliers et des milliers d’hectares contaminés pour des dizaines ou des centaines d’années peut-être, qu’il est absolument impossible de dépolluer. Et puis en même temps un scandale de santé publique", conclut le vice-président de Vosges Nature Environnement.