Un prêtre écarté de sa fonction de juge canonique après une pétition contre Barbarin

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Le père Pierre Vignon. © AFP
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Europe1.fr avec AFP , modifié à
Le prêtre avait demandé la démission du cardinal Barbarin cet été, dans une lettre publique publiée sur change.org. L'appel avait été soutenu par plus de 100.000 personnes.

Le père Pierre Vignon, qui avait lancé en août une pétition appelant à la démission du cardinal Philippe Barbarin, n'a pas été reconduit dans ses fonctions de juge auprès de l'officialité interdiocésaine de Lyon, a-t-on appris jeudi auprès de lui.

Dans une lettre mise en ligne le 21 août, et signée depuis par plus de 100.000 personnes, ce prêtre appelait "publiquement et sans détour" l'archevêque de Lyon a démissionné. Le cardinal Barbarin est poursuivi pour ne pas avoir dénoncé à la justice des agressions sexuelles commises dans son diocèse. Son procès aura lieu en janvier 2019.

"Je ne regrette rien de ce que j'ai dit". "C'est directement lié à la lettre ouverte que j'ai faite à Barbarin", a-t-il déclaré. "Mon évêque (du diocèse de Valence, ndlr) m'a expliqué hier (mercredi, ndlr) que je n'étais plus en position de cohérence en étant juge auprès de l'officialité, dans la mesure où le cardinal, de par ses fonctions, est le modérateur de celle-ci", a-t-il ajouté.

L'officialité de Lyon, également appelée tribunal ecclésiastique, est chargée par les douze évêques des provinces ecclésiastiques de Lyon et Clermont-Ferrand de l'administration de la justice dans leurs diocèses. "Je regrette cette décision mais je l'accepte et surtout je ne regrette rien de ce que j'ai dit cet été car je l'ai dit en conscience et ça reste toujours valable", a ajouté le père Vignon, qui officie comme prêtre dans le Vercors et exerçait la fonction de juge canonique depuis 2002.

Procès en janvier pour le Cardinal Barbarin. Le père Vignon a contacté jeudi le responsable du tribunal ecclésiastique de Lyon, qui lui a confirmé qu'il n'était plus juge à compter de ce jeudi. Celui-ci a fait valoir l'entrée en vigueur, au 1er novembre, de nouveaux statuts de l'officialité qui prévoient désormais que les juges sont nommés pour une période de six ans renouvelable. Leur exercice n'était pas limité dans le temps jusqu'à présent. Dans le cadre de ces nouvelles nominations, les évêques de la région n'ont pas souhaité reconduire le père Vignon dans ses fonctions.