Un homme condamné pour avoir révélé l'homosexualité de deux ex-compagnons

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L'homme a été condamné à verser 17.000 euros en réparation. Photo d'illustration.
L'homme a été condamné à verser 17.000 euros en réparation. Photo d'illustration. © DAMIEN MEYER / AFP
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Deux ex-compagnons l'accusaient d'avoir dévoilé leur orientation sexuelle, sans leur accord, au moment de leur rupture. Il a été condamné à verser 17.000 euros en réparation.

Un homme de 29 ans a été condamné à verser 17.000 euros en réparation pour avoir révélé l'homosexualité de deux ex-compagnons auprès de leur famille et sur les réseaux sociaux, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Deux hommes de 21 et 25 ans ont assigné en justice un homme qu'ils ont fréquenté au printemps et à l'automne 2018, l'accusant d'avoir dévoilé leur orientation sexuelle, sans leur accord, au moment de leur rupture. De confession musulmane, les deux jeunes hommes qui résident en banlieue parisienne vivaient jusque là leur sexualité "dans la discrétion" par rapport à leurs proches, "eu égard à leur milieu familial traditionnel", expliquent-t-ils dans la décision.

Selon eux, peu de temps après leur séparation, leur ex a notamment crée un compte Instagram public, y ajoutant des membres de leurs familles, des amis et des relations professionnelles, avant d'y publier des photos intimes et des copies de conversations privées. Il a aussi appelé directement le frère de l'un, la mère et la cousine de l'autre pour leur dire que leur proche était homosexuel, affirment-ils.

"Une décision largement disproportionnée", selon l'avocat du condamné

Le juge des référés du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris l'a condamné mercredi à verser une provision de 10.000 euros et 7.000 euros à chacun des demandeurs, pour atteinte à la vie privée. Il a aussi été condamné à rembourser leurs frais de justice.

"Cette décision est largement disproportionnée compte tenu de l'affaire", a réagi auprès l'avocat de cet homme de 29 ans, Me Damien Stalder, qui précise avoir fait appel de cette décision. Son client "réfute les allégations de la partie civile et considère être lui-même victime de ses deux ex-compagnons, dont le seul but semble pécuniaire", a-t-il ajouté.

"Le coming out d'une personne n'appartient qu'à elle"

"Cette décision vient sanctionner une pratique scandaleuse d''outing' sur les réseaux sociaux", a au contraire estimé l'avocat des demandeurs, Me Nicolas Cellupica. "Le coming out d'une personne n'appartient qu'à elle. Les conséquences d'un tel procédé peuvent être particulièrement dévastatrices notamment sur le plan psychologique", a-t-il poursuivi.

L'un de ses clients a subi, depuis, menaces et insultes, et il a dû quitter le domicile familial. L'autre s'est réfugié chez une amie après avoir été injurié. Au-delà de cette procédure en référé (urgence), une procédure civile au fond doit être engagée, et des plaintes pénales ont été déposées, a précisé l'avocat.