Un gilet jaune blessé porte plainte contre un possible fichage dans les hôpitaux parisiens

  • A
  • A
Le "gilet jaune" Sébastien Maillet indique vendredi qu'il va déposer plainte contre un possible fichage "illicite" des hôpitaux parisiens.
Le "gilet jaune" Sébastien Maillet indique vendredi qu'il va déposer plainte contre un possible fichage "illicite" des hôpitaux parisiens. © LOIC VENANCE / AFP
Partagez sur :
Un militant "gilet jaune", dont la main a été arrachée par une grenade de désencerclement, a annoncé vendredi qu'il allait déposer plainte contre un possible fichage "illicite" par l'hôpital parisien qui l'a pris en charge.

Un "gilet jaune" blessé le 9 février va déposer vendredi une plainte contre X, soupçonnant un possible fichage "illicite" par l'hôpital parisien l'ayant opéré, a annoncé son avocat.

Ce jour-là, à proximité de l'Assemblée nationale, ce manifestant âgé de 30 ans, Sébastien Maillet, avait eu la main arrachée par une grenade GLI-F4 qui avait explosé. Il avait ensuite été opéré à l'hôpital européen Georges-Pompidou, dans le 15ème arrondissement de la capitale.

Un fichier pour recenser les victimes d'attaques mis en cause

Sa plainte repose sur un article publié mercredi par le Canard enchaîné. L'hebdomadaire fait état d'un recensement nominatif par les hôpitaux parisiens des personnes blessées lors des manifestations des "gilets jaunes", dans un fichier appelé "SI-VIC" (système d'information pour le suivi des victimes), et mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l'identification des victimes d'attaques.

Cette plainte contre X, qui doit être déposée vendredi au parquet de Paris, vise les infractions de "collecte illicite de données à caractère personnel" et de "violation du secret professionnel". Le jeune homme, qui se base sur les informations du Canard enchaîné, estime que le fichier a été détourné de sa finalité, avec "pour objectif de créer une liste de personnes militantes". Il fait valoir que son nom a "très certainement" été enregistré dans ce fichier sans son accord et que les médecins ont donc potentiellement violé "le secret professionnel" en dévoilant le nom d'un de leurs patients, militant de la cause des "gilets jaunes".

Des fonctionnaires qui se comportent "comme des voyous", selon l'avocat du plaignant

"Certains événements politiques comme le mouvement des 'gilets jaunes' révèlent que des administrateurs, des hauts fonctionnaires, peuvent se comporter comme des voyous en violant la loi et en faisant du fichage discriminatoire à raison de l'appartenance politique, et plus odieux encore, au sein même des hôpitaux publics sur des blessés dont certains gravement mutilés", a commenté Arié Alimi, l'avocat du trentenaire.