Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«Un cercle vicieux» : à Marseille, les entreprises étranglées par la hausse des carburants

Après une succession de crises depuis le Covid, le monde de l’entreprise va mal et tire la sonnette d’alarme. [Hans Lucas / AFP]

À Marseille, la flambée des prix des carburants fragilise aussi les petites entreprises. Face à la hausse des coûts et à une trésorerie de plus en plus tendue, 94% des entrepreneurs interrogés disent ne pas savoir combien de temps ils pourront tenir si la situation se prolonge.

À Marseille, les particuliers ne sont pas les seuls à souffrir de la hausse des prix des carburants. Les petits patrons, eux aussi, craignent le pire face à la crise énergétique, et les nouvelles aides du gouvernement n’y font rien. Après une succession de crises depuis le Covid, le monde de l’entreprise va mal et tire la sonnette d’alarme.

"Ils tiennent à peu près 5-6 mois et ferment leur activité"

À la tête d’une agence de communication, Stéphane Mamberti-Dias édite des guides touristiques et le constate de plus en plus. Les entreprises qui achètent ces encarts publicitaires disparaissent avant même la publication du guide. "Des commerces qui ouvrent en janvier au moment de signer le bon de commande ne sont plus là au mois de juin. Donc ils tiennent à peu près 5-6 mois et ferment leur activité. Ça fait 25 ans qu’on fait ça, ça ne m’était jamais arrivé", s’inquiète-t-il.

Et lui-même est lourdement impacté avec son agence Antidote Design par la flambée des prix du carburant. "Moi je paye les commerciaux. Aujourd’hui, quand l’essence est à 2,30 euros, on me demande de payer en avance l’essence pour aller commercialiser. Et si je n’ai pas la trésorerie pour leur payer cette essence, ils ne vont pas commercialiser. Donc je n’ai pas de pub. C’est une espèce de cercle vicieux dont il est très très compliqué de sortir", déplore le dirigeant.

Plus de 1.500 défaillances d’entreprises au premier semestre 2026

Dans son étude menée dans le département, l’organisation patronale "Les Entrepreneurs", présidée par Corinne Innesti, relève des chiffres alarmants. "Il y a un signal d’alerte important. 94 % des entreprises que nous avons interrogées nous disent qu’elles ne savent pas comment elles pourront tenir si ça continue ainsi sur plusieurs mois", rapporte-t-elle.

Et le département enregistre en effet plus de 1.500 défaillances d’entreprises au premier semestre 2026.