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«Un bruit sourd, répétitif, les jambes de l'enfant qui tétanisent parce qu'elle s'est pendue» : un avocat revient sur le cas d'une fillette victime d'un pédophile

Jean Sannier, avocat de l'association Innocence en danger, témoigne de plusieurs affaires de pédocriminalité.

Jean Sannier, avocat de l'association Innocence en danger, décrit dans Eliot Deval et vous des affaires qu'il juge révélatrices de défaillances dans la justice. Il évoque la tentative de suicide d'une fillette, victime d'un pédocriminel.

Jean Sannier, avocat de l'association Innocence en danger, témoigne dans Eliot Deval et vous de plusieurs affaires de pédocriminalité qu'il présente comme révélatrices de défaillances dans le traitement des signalements.

L'affaire Lyhanna met en relief les défaillances systémiques de l'institution face aux dérives pédocriminelles, une réalité illustrée par les faits survenus à Grasse et détaillés par Maître Jean Sannier.

Lors d’un contrôle parental, un père s'aperçoit que sa fille communique avec des adultes : "elle échange des nudes, c'est-à-dire des photos d'elles nues, et que ces hommes envoient des sexes en érection". Une plainte est déposée. 

"Mais qu'est-ce qui se passe après ? Rien"

Peu après, "l'enfant est pétri de honte". "'Papa s'est aperçu de ce que je faisais, j'ai 12 ans', elle ne va pas bien. Et il est dans le salon, et il entend un bruit sourd, répétitif, un claquement, un bruit qui l'alerte, et il va dans la chambre de sa fille. Et ce bruit, c'est les jambes de l'enfant qui tétanisent parce qu'elle s'est pendue. Je rassure tout de suite, il la décroche, il appelle le SAMU, elle est sauvée. Mais qu'est-ce qui se passe après ? Rien. Les services de police disent 'on n'a pas le temps d'enquêter. Et on n'enquêtera pas'". Un témoignage glaçant sur la manière dont sont protégés les enfants.

Ce parent décide alors de se substituer à l'État : "pendant des semaines et des mois, il va continuer à échanger sans jamais adresser de photos de sa fille, mais il va tenir l'individu". Le suspect commet une erreur de géolocalisation avec son iPhone. Le père va au commissariat "qui ne fera rien", c'est donc lui qui livre l'adresse et le nom de l'agresseur, arrêté ensuite près du tribunal de Vienne.

Lors du procès, l'individu arrive "les mains dans les poches" et déclare devant le juge et le procureur : "De toute façon, vous savez, à mon premier viol, je n'ai pas été condamné."  Le procureur confirme que des procédures précédentes n'ont pas abouti. La sentence finale est dérisoire : "Un an de prison, mais totalement assorti du sursis."  L'inertie se poursuit pour un complice localisé à Strasbourg : le commissariat a son adresse depuis deux mois, mais "ils n'ont toujours pas prévu d'aller le chercher".