Deux cents agriculteurs sur les Champs-Elysées pour défendre le glyphosate

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Les agriculteurs ont déversé de la paille sur la chaussée en signe de protestation contre la volonté de Nicolas Hulot d'interdire cet herbicide, notamment présent dans le Roundup. 

Environ 200 agriculteurs ont bloqué vendredi les Champs-Elysées pour dire leur inquiétude de voir le gouvernement interdire l'usage de produits phytosanitaires, comme le désherbant glyphosate, qu'ils jugent indispensables pour conserver "l'excellence agricole française".

"Macron tue les agriculteurs". Sous les bannières "Macron tue", la manifestation, organisée par plusieurs fédérations départementales du premier syndicat agricole, la FNSEA, et l'organisation des Jeunes agriculteurs, a bloqué partiellement la circulation à 7h. "Soja argentin : OGM", était-il écrit sur un conteneur placé à l'entrée de l'avenue, jonchée de paille. Les manifestants protestaient contre la possibilité d'importer des produits agricoles traités avec des herbicides comme le glyphosate, craignant une décision gouvernementale interdisant unilatéralement de tels produits en France.

Crédit : Aude Vernuccio/Europe 1

"Il faudrait soutenir l'agriculture française sinon elle va disparaître et on aura recours massivement à des importations de produits alimentaires qui sont cultivés dans des conditions phytosanitaires bien plus déplorables que les nôtres", a déclaré Damien Greffin, président de la FDSEA d'Île-de-France. "Emmanuel Macron veut être le Monsieur Propre du monde mais il est le fossoyeur de l'agriculture", a affirmé Frédéric Arnoult, président des Jeunes agriculteurs d'Île-de-France.

Reçus à l'Élysée. Le blocage a été levé en milieu de matinée après qu'une délégation a été reçue environ une heure à l'Élysée par la conseillère agricole Audrey Bourrolleau. "On a acté nos désaccords. On a surtout bien compris qu'au sein de ce gouvernement tout le monde n'était pas sur la même ligne", a déclaré Damien Greffin à l'issue de la rencontre. Audrey Bourolleau leur a affirmé que la sortie "progressive" du glyphosate en France se ferait "avec méthode et dialogue", dans le cadre notamment des états généraux de l'alimentation.

La France s'oppose à la Commission européenne. Mais elle a réaffirmé que "l'engagement de campagne" pris par Emmanuel Macron de voter contre la proposition de la Commission Européenne de renouvellement de la licence du glyphosate "sera tenu", selon l'Élysée. En juillet, la Commission européenne a proposé le renouvellement pour dix ans de la licence du glyphosate qui expire fin 2017. Le vote sur l'autorisation de cet herbicide, le plus répandu en Europe, pourrait avoir lieu le 5 ou 6 octobre au sein d'un comité d'experts.  La France a annoncé qu'elle voterait contre la proposition de la Commission. Elle a une position-clé car une majorité qualifiée est requise.