Tina, 48 ans, a subi une opération pour perdre du poids : "J'ai été obligée de passer par là"

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© JEFF HAYNES / AFP
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Tina a passé sa vie à lutter contre ses problèmes de surpoids, prisonnière de la spirale infernale des régimes et du manque d’estime de soi. En septembre, elle a finalement opté pour une opération gastrique, comme elle le raconte à Olivier Delacroix, sur Europe 1.

VOS EXPÉRIENCES DE VIE

Tina, 48 ans, vit en région parisienne. En surpoids depuis l'adolescence, elle n'a jamais réussi à maigrir de manière durable. C'est la rencontre avec son compagnon, puis la naissance de sa fille, qui l'ont finalement poussée à opter pour une chirurgie gastrique. Au micro d'Olivier Delacroix, sur Europe 1, elle évoque cette longue bataille contre l'obésité.

"Quand tu es une jeune femme méditerranéenne et que tu arrives à la puberté, et que tu es réglée précocement par rapport à tes copines, très rapidement, ta morphologie change. L'image que te renvoie la société est l'image de quelqu'un de différent, de gros, littéralement. Tu n'es plus une enfant, tu es devenue une femme mais tu te crois grosse. C'est là que commencent les problèmes.

[…]

Les réflexions sur mon physique ont commencé tôt. J'avais la chance d'être un peu garçon manqué et rentre-dedans. J'ai pris la posture d'une personne forte qui assume les réflexions, se défend. Ça te sauve… pendant un temps. […]

 

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Tina estime que son surpoids a eu un impact direct sur sa vie professionnelle en entreprise, freinant son ascension malgré ses efforts pour se démarquer de ses collègues.

Je pense sincèrement que mon aspect physique et mon poids m'ont desservie, surtout quand on doit représenter l'image de l'entreprise. Aujourd'hui, dans la société, une entreprise doit être représentée par des personnes ayant une certaine image, idéale, qui la valorise. La personne obèse ne valorise pas l'entreprise, elle n’apparaît pas comme dynamique. […] Le fait d'être frustrée et de ne pas être bien considérée, pour les personnes obèses, ça ne peut que les faire grossir. C'est un cycle infernal.

J'ai repris des études pour être plus diplômée que mes collègues, mais ça n'a plus suffi, jusqu'à arriver à un point où, professionnellement, ça devient compliqué, et on finit en burn-out.

Tina a alors rencontré le père de son enfant, un ancien obèse venu à bout du surpoids grâce à une chirurgie gastrique.

C'est un garçon que je connaissais vingt ans auparavant. […] Quand on s'est revu on ne s'est pas reconnu parce que j'avais pris les cinquante kilos que lui avait perdus. On a refait connaissance : il s'avère qu'il avait fait un 'bypass', une chirurgie gastrique où l'on modifie l'appareil digestif pour faire maigrir. […] Ça m'a questionnée, avant je ne m'étais pas tellement posé la question. Moi, en taille 48, je faisais du roller, j'étais une grosse dynamique et en bonne santé.

Mais j'avais pris 20 kilos de plus avec mon burn-out, ça commençait à bien faire…

[…]

 

Pourtant, avant d'affronter une chirurgie, Tina a tenu à passer le cap de la maternité. Un désir ancien, mais toujours repoussé face aux réticences des médecins. 

Le corps médical m'a très tôt dit que j'étais en surpoids et que pour faire un enfant, il fallait maigrir. […] Au bout d'un moment, J'avais un peu abandonné cette idée. Il est violent d'avoir envie d'un enfant et d'entendre le corps médical te dire : 'tu es trop grosse pour avoir un enfant'. C'est un truc qui te fait grossir encore plus.

Je me suis beaucoup documentée, j'ai beaucoup étudié la question, et me suis intéressée aux questions médicales : est-ce que c'est héréditaire, qu'est-ce qu'il fallait que je fasse ? Que je ne fasse pas ? Et contre toute attente, très tardivement, à 46 ans, avec un petit coup de main du corps médical - une fécondation - j'ai eu une petite fille.

J'ai eu une grossesse dynamique pendant laquelle, bizarrement, j'ai perdu du poids. J'ai été très surveillée du fait de l'âge et du surpoids. Contre la volonté du corps médical, j'ai choisi que ma fille naisse par voie basse et non par césarienne. […] Contrairement à ce que m'avait dit l'un des échographes que j'avais vu avant l'accouchement, mon enfant n'était pas obèse, mon fœtus n'était pas, comme on dit dans le milieu médical, 'macrosome', c'est-à-dire énorme.

Finalement, c'est la naissance de sa petite fille qui a poussé Tina a subir enfin une opération gastrique à l'automne dernier.

J'ai été obligée de passer par là parce que ma petite se levait et courait plus vite que moi. Je connaissais déjà tous les protocoles. J'ai été voir le chirurgien que j'estimais le plus compétent à me suivre. J'ai perdu 25 kilos de septembre à aujourd'hui.

C'est génial, je peux courir, monter les escaliers, je n'ai plus d'asthme. Mais je mange comme un bébé de un an. Mes repas, c'est deux cuillères à soupe, et je dois faire attention à ce qu'elles soient super équilibrées. Si je bois un verre d'eau, je ne peux plus manger. La vie des obèses opérés, c'est pas super cool comme on peut le croire. Ce n'est pas une opération magique, je vais avoir une surveillance médicale à vie."

>>> Retrouvez l'intégralité du témoignage de Tina