Suspension de la grève à la RATP : "Nous n’avons pas vraiment le choix"

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Europe 1 est allée à la rencontre de chauffeurs de bus parisiens pour connaître leur sentiment après 45 jours de grève. 1:35
Europe 1 est allée à la rencontre de chauffeurs de bus parisiens pour connaître leur sentiment après 45 jours de grève. © Geoffroy Van der Hasselt / AFP
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La reprise se confirme dans les transports et en particulier à Paris dans le métro. Les grévistes accusent le coup après 45 jours de grève, alors l'Unsa appelle à suspendre le mouvement. Interrogés par Europe 1, les chauffeurs de bus de la RATP assurent toutefois qu'il ne s'agit que d'un répit pour mieux relancer la mobilisation avant la fin du mois.
REPORTAGE

Après 45 jours de grève, l'Unsa, le premier syndicat de la RATP, appelle à une suspension du mouvement de grève contre la réforme des retraites, pour "reprendre des forces", les grévistes étant fatigués et financièrement étranglés. Mais sans cesser de chercher des moyens de rester mobilisés. Europe 1 est allée à la rencontre de chauffeurs de bus parisiens, épuisés mais toujours déterminés, pour savoir ce qu'ils pensaient de cette trêve. 

"Je pense que c'est une pause : ce n'est pas fini", assure Claudie, conductrice, qui vient de garer son bus au terminus de la Porte de Saint Cloud. "Je ne sais pas si vraiment on a obtenu ce qu'on voulait, mais je pense qu'il faudrait reprendre le travail. Nous n’avons pas vraiment le choix, pour essayer de renflouer nos comptes puis recommencer dans un mois ou deux, parce qu'il y en a qui ont perdu de l'argent, beaucoup d'argent."

"Il va me rester 200 euros"

"La prochaine paie elle va faire mal", confirme Vincent, qui en est à son 25e jour de grève depuis le début du mouvement. "On verra sur la fiche de paie que je n'ai pas encore eue. Il va me rester, quoi, 200 euros ?..." Pour autant, le chauffeur ne souhaite pas baisser les bras, pas après tant de sacrifices. "On ne rentre pas dans le rang. Il y aura des opérations quand les agents seront en repos, ou avec les étudiants, les médecins, tous ceux qui sont encore en grève, pour faire des blocages, des trucs comme ça", prédit-il.

L'objectif : rester mobilisés lors des grandes journées d'action, soit dès vendredi 24 janvier, jour de la présentation du projet de loi retraites en conseil des ministres.

Europe 1
Par Nicolas Feldmann, édité par Séverine Mermilliod