Suppression du numerus clausus en fac de médecine : vers une diversification des profils des étudiants

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© LOIC VENANCE / AFP
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Se lancer dans des études de médecine après avoir obtenu une licence de philo ou de littérature, cela pourrait bientôt être possible grâce à la loi Santé portée par Agnès Buzyn.

Avec la refonte de la carte hospitalière, la suppression du numerus clausus à compter de la rentrée 2020 est l'autre point fort de la loi Santé présentée mercredi par Agnès Buzyn en Conseil des ministres. L'objectif est d'augmenter de 15 à 20% le nombre de médecins formés chaque année (8.500 aujourd'hui), mais aussi de desserrer l'étau de la première année, et de diversifier le recrutement des étudiants en médecine.

Un profil trop standardisé dans les facs de médecine. Sur ce dernier point, les facultés de médecine dressent le même constat : leurs élèves ont tous le même profil standard, diplômés d'un bac scientifique mention bien ou très bien, et issus de catégories sociales supérieures. Il y a, en effet, de moins en moins d'étudiants boursiers sur les bancs de la fac.

"Nous allons augmenter de 20% à peu près le nombre de médecins formés", a affirmé la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur France Inter, ajoutant "qu'il faut aussi pouvoir les accueillir et les former et nous ne pouvons pas monter drastiquement en puissance en une année". La réforme doit entrer en vigueur pour les étudiants inscrits en première année de médecine à la rentrée universitaire de septembre 2020.

Pour "une diversification de la culture" des étudiants. Pour diversifier les profils, la loi prévoit qu'un certain nombre d'étudiants - on parle de 30 à 40% - entrent directement en deuxième ou en troisième année après une licence de leur choix, même éloignée des filières scientifiques. "Il faut que les très bons lycéens puissent se dire qu'ils pourraient aussi faire de la philosophie, de la littérature. Bien sûr, il faudra une connaissance scientifique. Il serait aberrant de dire que la médecine ne se fera que sur des bases littéraires. Mais on aimerait une diversification de la culture de ces lycéens, et qu'elle ne soit pas exclusivement scientifique et technique", explique Jean Sibilia, le président des doyens des facs de médecine.

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Vers un toilettage des examens. Cette mesure ne se mettra pas en place d'un claquement de doigts. Plusieurs décrets doivent maintenant déterminer comment ces nouveaux étudiants seront sélectionnés (examens écrits, oraux…). Même chose pour le passage de la première à la deuxième année de médecine, où le fameux concours couperet à base de QCM pourrait ne pas être reconduit.