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Suicide de Camélia : lors de la marche blanche en hommage à la lycéenne, sa famille dénonce le silence face au harcèlement scolaire

Plus de 2.000 personnes ont pris part à la marche blanche. [Thomas SAMSON / AFP]

Plus de 2.000 personnes ont participé dimanche à Mitry-Mory à une marche blanche en hommage à Camélia, lycéenne de 17 ans qui s’est suicidée le 13 janvier. Sa famille dénonce un harcèlement scolaire ignoré et appelle à briser le silence.

"Les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer" : c’est par ces mots que l’oncle de Camélia a conclu dimanche à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) une marche blanche organisée en hommage à la lycéenne de 17 ans, qui s’est suicidée le 13 janvier. Plus de 2.000 personnes y ont pris part.

"Parlez !"

Devant le lycée où était scolarisée sa nièce, Salim Ayachi a lancé un appel poignant : "Parlez !". S’adressant à une foule dense – environ 2.200 participants selon la police –, il a exhorté les élèves à témoigner du harcèlement subi, les parents à dialoguer avec leurs enfants, et les établissements scolaires à faire preuve de transparence et à assumer leurs responsabilités lorsque des faits sont signalés.

La mère de Camélia, tenant le portrait de sa fille unique, n’a pu prononcer que quelques mots de remerciement, submergée par l’émotion.

La marche, partie de la gare de Mitry-Claye, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Paris, était menée par une banderole explicite : "Ensemble contre le harcèlement scolaire".

Deux enquêtes judiciaires ouvertes

Camélia, élève de terminale qui aurait dû fêter ses 18 ans vendredi, s’est donné la mort le 13 janvier dans une gare de la commune. Dès le lendemain, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes, dont l’une pour "harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider", parallèlement à une enquête administrative.

Mardi, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a appelé "solennellement à la plus grande prudence" concernant les accusations médiatiques visant des personnes, "notamment le proviseur", actuellement mis en retrait.

Des appels à l'aide sans réponse

Selon son oncle, Camélia subissait quotidiennement insultes, humiliations et brimades de la part de plusieurs élèves. Il a toutefois insisté sur le fait qu’elle ne correspondait pas à l’image stéréotypée d’une victime de harcèlement : décrite comme "sociable", "joyeuse", entourée d’amis et issue d’une famille unie, elle savait aussi défendre ses idées.

Il a également affirmé que la mère de Camélia avait "appelé à l’aide" à plusieurs reprises, sans obtenir de réponse.

En marge du rassemblement, plusieurs élèves ont témoigné d’un harcèlement fréquent au sein de l’établissement, notamment sous forme de rumeurs visant la réputation des jeunes filles.