Séparatisme : manifestation à Paris contre les "discriminations anti-musulmanes"

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Le rassemblement contre l'islamophobie, place du Trocadéro à Paris, a réuni près de 200 personnes. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Près de 200 personnes ont manifesté dimanche à Paris contre le projet de loi "séparatisme" du gouvernement, accusé de "renforcer les discriminations envers les musulmans", et pour le droit de ces derniers à "être des citoyens comme les autres".

Un rassemblement a réuni près de 200 personnes, sans incidents, dimanche après-midi place du Trocadéro à Paris, à l'appel d'une coordination rassemblant plusieurs militants des droits de l'homme et associations telles que l'Union des démocrates musulmans français (UDMF), le Parti des Indigènes de la République (PIR), ou l'Union juive française pour la paix (UJFP). Ils dénonçaient le projet de loi "séparatisme" du gouvernement.

"Le projet de loi 'séparatisme' donne au gouvernement la possibilité de dissoudre ou interdire des associations comme il l'entend. Or on a vu qu'il a déjà dissous abusivement des associations humanitaires ou des droits de l'homme comme BarakaCity ou le CCIF, qui n'avaient rien à se reprocher et aidaient concrètement les gens. C'est un signal terrible pour les musulmans", a déclaré Medhi Meftah, du PIR, en dénonçant un "racisme d'Etat". 

"Depuis les attentats de 2015"

"Je ne fais partie d'aucune association, mais je suis venue aujourd'hui pour réclamer la fin des discriminations contre les musulmans, qui se sont accentuées depuis les attentats de 2015 et nous empêchent d'être des citoyens comme les autres", a expliquée à l'AFP Nour, 39 ans, venue de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, et qui travaille dans les assurances. "On a juste envie de vivre ensemble avec les autres, comme les autres, sans qu'on nous empêche, parce qu'on porte tel nom ou qu'on vient de tel quartier, d'avoir accès à tel emploi ou tel logement, ou qu'on se fasse sans cesse contrôler ou, comme ça nous arrive régulièrement, traiter de 'sale bougnoule'", a-t-elle ajouté.

"Après la présidentielle de 2017, on ne pensait pas que ce gouvernement ferait la politique de Marine Le Pen, en instrumentalisant le terrorisme pour masquer son incompétences à gérer les crises sanitaire, sociale et économique", a déploré à l'AFP Najib Azergui, fondateur de l'Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF).