Sécheresse : pour les agriculteurs, les restrictions d'eau sont devenues "la routine"

  • A
  • A
En Isère, les agriculteurs doivent limiter leur consommation d'eau de 30% pour l'irrigation (photo d'illustration).
En Isère, les agriculteurs doivent limiter leur consommation d'eau de 30% pour l'irrigation (photo d'illustration). © Patrick HERTZOG / AFP
Partagez sur :
De la Loire-Atlantique à la Côte-d'Or et du Gers au Gard, 38 départements sont concernés par les mesures de restriction d'eau liées à la sécheresse. Les agriculteurs sont les premiers touchés. 
INTERVIEW

C'est l'une des conséquences de la canicule : plus de la moitié des nappes phréatiques affichent un niveau bas en France selon le service géologique national, et 38 départements sont concernés par des mesures de restriction d'eau en raison de la sécheresse. De la Loire-Atlantique à la Côte-d'Or et du Gers au Gard, les fortes chaleurs de ces derniers jours ont laissé des traces. 

La consommation des agriculteurs limitée

Plusieurs niveaux d'alerte sont mis en place, et une dizaine de départements sont concernés par le niveau le plus élevé, la vigilance sécheresse renforcée. C'est le cas dans le Loiret, l'Allier, l'Indre, ou l'Isère. Interrogée par Europe 1, Chloé Lombard, la sous-préfète de ce département, énumère les prescriptions pour les particuliers : "ne pas arroser, ne pas laver sa voiture, ne pas remplir les piscines..."

Mais avec des niveaux inférieurs à ceux de l'an dernier, et un été qui s'annonce encore plus chaud, les premiers touchés sont les agriculteurs, qui doivent limiter "leur consommation de 30% pour l'irrigation", selon la haute fonctionnaire. 

"Pomper l'eau l'hiver pour remplir des réserves"

Pour les agriculteurs, cela veut dire deux jours d'arrosage en moins par semaine et donc moins de rendements en fin de saison... À moins de s'être prémunis. Jacky Berland, céréalier de Vendée, un autre département concerné par les restrictions, explique ainsi avoir mis en place un système de substitution avec plusieurs de ses collègues. 

"L'objectif, c'est de pomper l'eau l'hiver pour remplir des réserves, et après on ne pompe que dans ces réserves l'été", explique-t-il à Europe 1. "Aujourd'hui les restrictions, c'est de la routine pour nous quasiment." Une sorte "d'assurance anti-sécheresse" qui permet de limiter l'impact des restrictions... Mais a aussi un coût : l'installation des pompes et du système de stockage ont fait grimper les factures.