Sciences Po Grenoble: les propos d'un professeur étaient "extrêmement problématiques"

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Éprouvée par plusieurs jours de polémique, Sabine Saurugger "appelle à un apaisement" et "un dialogue" avec étudiants et enseignants pour "reconstruire" Sciences Po Grenoble.
Éprouvée par plusieurs jours de polémique, Sabine Saurugger "appelle à un apaisement" et "un dialogue" avec étudiants et enseignants pour "reconstruire" Sciences Po Grenoble. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Dans un entretien, la directrice de Sciences Po Grenoble, Sabine Saurugger, est revenue sur la polémique qui secoue son IEP depuis plusieurs jours. Si elle affirme que les propos d'un des deux professeurs accusé d'islamophobie étaient "extrêmement problématiques", elle lance également un appel à l'apaisement et au dialogue. 

Les propos d'un des deux professeurs accusé d'islamophobie à Sciences Po Grenoble étaient "extrêmement problématiques", a estimé mercredi dans un entretien à l'AFP la directrice de l'établissement, qui "condamne très clairement" les affiches dont les deux enseignants ont fait l'objet.

La vie des deux enseignants "en danger"

L'Institut d'études politiques (IEP) est en proie à un vif conflit depuis l'affichage, jeudi 4 mars, des noms de deux professeurs accusés d'islamophobie, des "injures" pour lesquelles une enquête judiciaire a été ouverte sur signalement de l'établissement. "Ces affiches mettent en danger non seulement la vie des deux collègues", a expliqué mercredi à l'AFP Sabine Saurugger, la directrice de l'IEP, "mais également l'ensemble des communautés étudiantes, enseignantes, personnel administratif".

À l'origine de ces accusations notamment, un échange de mails véhément sur la notion d'islamophobie, en novembre et décembre dernier, entre un professeur d'allemand, dont le nom a été mentionné sur les affiches, et une historienne. Ce professeur d'allemand écrit notamment, dans des extraits qu'il a lui-même publié un temps sur son site internet, qu'il "n'aime pas beaucoup cette religion" qui lui fait parfois "franchement peur" "comme elle fait peur à beaucoup de Français".

 

"Un ton extrêmement problématique"

Il y conteste la présence du mot islamophobie dans un groupe de travail intitulé "racisme, islamophobie, antisémitisme", voyant dans cette notion la "persécution (imaginaire) des extrémistes musulmans (et autres musulmans égarés)", avant de reconnaître dans un mail d'excuses s'être "par moments laissé emporter" dans ces échanges. "Je pense qu'il y a un ton qui est extrêmement problématique dans ses propos, avec des idées qui sont développées parfois un peu rapidement, et donc un rappel à l'ordre et une incitation au dialogue ont été entreprises", par la direction, a expliqué Sabine Saurugger. 

"La liberté académique est un principe qui est central pour Sciences Po Grenoble", poursuit la directrice, "et lorsque cette liberté académique commence à atteindre des limites qui sont définies par un cadre réglementaire, dans ce cas-là, la directrice doit intervenir, et est intervenue avec un rappel à l'ordre". D'autre part, un cours du second enseignant, maître de conférence en Sciences politiques, a fait l'objet le 22 février d'un appel à témoignage "très problématique" de la part du principal syndicat étudiant de l'IEP, l'Union syndicale Sciences Po Grenoble, selon la directrice.

Un appel à "l'apaisement"

En raison de cet appel à témoignage, ce professeur avait demandé aux étudiants de ce syndicat "de quitter immédiatement (ses) cours et de ne jamais y remettre les pieds", selon un mail dont l'AFP a obtenue copie. Cette demande est "clairement discriminatoire" pour Sabine Saurugger, malgré la décision, par le procureur de Grenoble, de classer sans suite la plainte pour discrimination syndicale déposée le 27 février par l'Union syndicale.

Visiblement éprouvée par plusieurs jours de polémique, Sabine Saurugger "appelle à un apaisement" et "un dialogue" avec étudiants et enseignants pour "reconstruire" Sciences Po Grenoble car, "d'une certaine manière, la survie d'un établissement est en jeu".