Routiers : échanges "tendus" avec le patronat, les syndicats "effarés"

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Les syndicats de routiers, réunis au ministère des Transports jeudi avec les fédérations patronales, ont appris que les ordonnances allaient impacter les "primes de route".

Les syndicats de routiers sont sortis "effarés" jeudi soir d'une réunion avec la ministre des Transports et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances. Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère.

Les primes remises en cause. Ces indemnités (repas, frais de découcher, etc.) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a-t-il expliqué, FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission. Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué Christian Cottaz de la CFDT. Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO.

La CFDT claque la porte. "Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré 5 heures, décrivant des "discussions très tendues avec un patronat qui ne veut lâcher absolument rien". Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et patronats. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a indiqué Jean-Marc Rivera de l'OTRE. 

Quelles suites au mouvement ? D'ici là, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part Patrice Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.