Rentrée 2018 - De nouvelles évaluations en CE1 et en seconde à la rentrée : les syndicats dénoncent un "outil d’évaluation des politiques publiques"

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La multiplication des tests à l'échelle nationale pour mesurer le niveau des élèves - en CP, CE1, sixième et seconde - est dénoncée par certains représentants syndicaux comme une manière pour l'Éducation nationale d'évaluer aussi ses enseignants.

La mise en place de nouvelles évaluations nationales pourrait bien agiter la rentrée 2018. En plus des tests déjà pratiqués depuis 2017 en CP et en sixième, afin d’estimer le niveau des élèves qui arrivent dans le primaire et dans le secondaire, le ministère de l’Education nationale entend également mesurer celui des élèves qui entrent en CE1 et au lycée, en seconde. Ce dispositif répond à l'une des promesses de campagne du candidat Macron, avec pour objectif de prendre une photo exacte du niveau des élèves, afin de mieux identifier d’éventuelles faiblesses ou lacunes.

Une manière de noter les enseignants ? Mais les syndicats ne l’entendent pas exactement de cette oreille, et se demandent si, derrière la multiplication des tests, ne se cache pas une manière insidieuse pour le gouvernement d’évaluer la qualité d'enseignement des différents établissements. "On est parti d’évaluations nationales qui étaient là pour être des outils pédagogiques et l’on voit qu’elles se transforment en outil d’évaluation des politiques publiques", relève ainsi auprès d’Europe 1 Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-UNSA. "Est-ce que cela veut dire que c’est une évaluation des écoles, des collèges et des lycées ?", interroge-t-il.

"Le risque, c’est de se mettre à préparer nos élèves à répondre à des exercices qui serviront à nous noter, nous les enseignants, professionnellement. Si l’on se met à faire ça, on perd complètement le sens de ce que l’on a à faire à l’école", estime encore ce syndicaliste.

>> De 6h à 9h le samedi et le dimanche, retrouvez toute l'info du week-end avec Bernard Poirette sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

"Un outil" au service de l’enseignant. Autant de doutes que Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a tenu à balayer samedi, au micro de Bernard Poirette, également sur Europe 1 : "On n’évalue pas un travail fait les mois précédents par le professeur concerné, on fait le point en début d’année pour voir les forces et les faiblesses d’un enfant, et l’amener à réussir en ayant un bon portrait de lui", a-t-il fait valoir.

Pour le locataire de l’hôtel de Rochechouart, les crispations viennent aussi du fait que l’évaluation est associée à une forme de sanction, quand lui ne veut y voir qu’un instrument pédagogique. "Dès que l'on arrive dans le domaine scolaire, ça deviendrait une mauvaise chose. C’est une mauvaise approche, la bonne approche est de considérer l’évaluation des élèves comme un outil", balaye-t-il.

Europe 1
Par Virginie Salmen, édité par Romain David