Rentrée des profs : "On ne sait pas vraiment où l'on va", déplore une enseignante

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Vendredi, sur Europe 1, Dominique Dubarry-Loison, professeur de SVT dans l'Essonne et membre du mouvement des "stylos rouges", déplore le "flou total" dans lequel est laissé les enseignants concernant la réforme du bac. 
INTERVIEW

"Nous ne sommes pas fébriles, nous sommes inquiets". Vendredi, alors que 871.000 enseignants ont fait leur rentrée trois jours avant les élèves, Dominique Dubarry-Loison , professeur de SVT dans l'Essonne, et membre du mouvement des "stylos rouges", s'interroge comme certains enseignants sur la réforme du bac imaginée par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. Le nouveau bac ne doit voir le jour qu'en 2021, mais des changements interviendront dès cette année pour les élèves de première, qui seront les premiers à passer l'examen sous sa nouvelle forme.

"On ne sait pas vraiment où l'on va", déplore l'enseignante au micro de Nathalie Levy sur Europe 1. "En Français, les profs n'ont aucun sujet type. Ils ont des nouveaux exercices à faire pour préparer leur élèves mais ils ne savent pas sous quelle forme ces exercices seront formulés. A l'oral, il sera posé aux élèves des questions de grammaire, ce qui n'existait pas jusque-là. Les professeurs de français sont dans le flou total. Ils ne savent pas comment préparer leurs élèves à une épreuve de bac qui aura lieu dans neuf mois". 

"Les élèves seront stressés en permanence"

Outre le manque d'informations et de communication de la part du ministère, Dominique Dubarry-Loison estime que de faire reposer une partie du nouveau bac sur le contrôle continu est une fausse bonne idée. "Je prend l'exemple de ma matière la SVT (Sciences de la vie et de la Terre). On a une heure par semaine de cours et on aura deux épreuves dans l'année et le contrôle continu à préparer. Quand peut-on former les élèves et leur apprendre des choses quand on a seulement une heure de cours par semaine ? Les élèves seront stressés en permanence, ils seront constamment en contrôle et n'auront plus le droit à l'échec", pointe-t-elle. "Et puis on n'a pas de directive dans le cas où un élève est absent à un contrôle. On ne sait pas comment faire. Il y a beaucoup trop d'inconnus".

 

Europe 1
Par Clémence Olivier