"Quelque chose frémit" : le privé aussi se mobilise en prévision du 5 décembre

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© RAYMOND ROIG / AFP
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La grève du 5 décembre s'annonce massive, et pas seulement dans les transports. Beaucoup de salariés du public s’apprêtent à emboîter le pas aux cheminots, et le secteur privé pourrait bien, lui aussi, avoir son lot de grévistes. C'est en tout cas ce que les syndicats veulent croire. 

Carrefour, Casino, Monoprix, Sodexo... Ils étaient près de 200 délégués réunis lundi au siège de la CGT, à Montreuil. Si la grève du 5 décembre s’annonce massive dans les transports, métros et trains ne seront que la partie la plus visible de l’iceberg. Le mouvement devrait être largement suivi par les salariés du public, et les syndicats veulent absolument montrer que la fronde est aussi partagée par les salariés du privé. 

A Montreuil, les 200 délégués CGT tiennent tous le même discours : "Il se passe quelque chose depuis quelques semaines..." Christine Gagnaire, par exemple, déléguée syndicale chez Carrefour Market, l'assure : dans les magasins, les salariés lui posent beaucoup de questions sur la réforme des retraites. "Quand on parle des retraites, spontanément, ils disent : 'Qu’est ce qu’on peut faire ?' On voit bien qu’il y a quelque chose qui frémit." D'après elle, "beaucoup de gens" devraient finalement décider de se mettre en grève. 

"Si tu ne viens pas travailler, tu n'as pas de salaire"

Auto-persuasion ou amorce d'une véritable mobilisation ? "Il faut reconnaître qu’il y a de la peur, et surtout concernant les retenues. Si tu ne viens pas travailler, tu n’as pas de salaire…", souligne Pierre Adou, délégué chez Domino's Pizza. Il explique que dans le privé, se déclarer gréviste n'est pas si simple que ça. "Ils sont partagés, ne savent pas s'il faut ou non y aller. Mais je pense qu’aujourd'hui, ils sont un peu plus à se dire qu’il faut y aller."

Lundi, Europe 1 a tenté de joindre plusieurs grandes enseignes. "Jusqu'à présent, nos capteurs ne nous font rien remonter", ont-elles répondu. Mais il reste deux jours et, dans le privé, pas la peine de déposer un préavis pour se mettre en grève. 

Europe 1
Par Olivier Samain, édité par Laetitia Drevet