Qualité de l'air à Paris : une enquête épingle de nouvelles sources de pollution

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La mise en place d'un nouveau système de mesure de la pollution dans la capitale a permis de localiser, avec une précision inédite, de nouvelles sources de pollution aux particules fines dans Paris.

Une nouvelle technique de mesure de la pollution aux particules fines va être dévoilée mardi à Paris. Mais les premiers essais dévoilent déjà une cartographie inédite de la pollution dans la capitale, avec des sources d’émissions de particules que les Parisiens ne soupçonnaient guère jusqu’à présent.

Vous ne passerez plus au-dessus d'une bouche de métro sans y penser : des particules très fines, c'est-à-dire de moins de 2 microns et demi, s'en dégagent, et il y en a 300 dans la capitale. Ces nuages de pollution invisibles ont été détectés par "Pollutrack" : un système de capteurs fixés sur 400 voitures électriques qui sillonnent Paris jour et nuit.

"On connaissait les sources de pollution, mais concernant les particules fines, on a découvert des zones hyper localisées, très polluées qui ne sont pas instinctivement ce que l’on peut avoir en tête", relève au micro de Matthieu Belliard, sur Europe 1, Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la mairie de Paris. "Il va falloir installer des unités de traitement de l’air avant que les extracteurs ne la recrachent dans la rue. Il faudra s’y mettre collectivement. Ça ne se fera pas du jour ou lendemain. C’est de la responsabilité de la RATP, mais nous allons travailler avec elle", assure cet élu.

Les rues du Marais et "l’effet canyon"

Contrairement aux trois capteurs fixes d'Airparif, "Pollutrack" peut repérer des foyers de particules très localisés, comme des cars de tourisme le long des Champs-Elysées, les sorties de parkings souterrains mal ventilés ou encore des rues à "effet canyon". Il s’agit de rues étroites où les bâtiments sont très hauts, ce qui provoque un embouteillage de particules. De l'air venu du périphérique peut s'y retrouver coincé les jours de très faible vent, c'est le cas notamment de certaines rues du Marais, dans le centre de la capitale.

En revanche, la place de l'Etoile, qu'on aurait pu croire polluée en raison de la circulation dense, se révèle particulièrement bien aérée. Ces mesures d'une précision inédite, mais qui n’ont pas encore été validées scientifiquement, seront communiquées au public sous la forme d’une carte en ligne, mise à jour quotidiennement. Elle pourrait également permettre d'organiser la ville autrement avec des espaces verts ou des fontaines placés à des endroits judicieux pour tenter d'éteindre ces différents foyers de pollution.

Europe 1
Par Virginie Salmen, édité par Romain David