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Europe 1 avec AFP , modifié à
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a effectué mercredi une visite du cimetière juif alsacien de Westhoffen où 107 tombes ont été profanées. Il y a annoncé la création d'un "office national de lutte contre la haine". 

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé mercredi la création au sein de la gendarmerie d'un "office national de lutte contre la haine", lors d'une visite du cimetière juif alsacien de Westhoffen où 107 tombes ont été profanées. "J'ai décidé ce matin, en lien avec le directeur général de la gendarmerie nationale, de créer auprès de lui (...) un office national de lutte contre la haine", a déclaré le ministre, accompagné de l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, dont plusieurs aïeux sont inhumés dans ce cimetière.

 

Cet office "sera chargé de coordonner pour la gendarmerie nationale à la fois l'enquête (sur cette profanation) pour que tous les moyens soient mobilisés, mais aussi l'ensemble des enquêtes sur les actes antisémites, antimusulmans, antichrétiens que nous connaissons sur notre territoire en zone gendarmerie", a poursuivi le ministre de l'Intérieur. "Il sera chargé aussi d'accompagner l'ensemble des acteurs de tous les territoires et de faire le lien avec la police, la justice, pour que les auteurs de ces actes ignobles soient condamnés", a-t-il dit.

"C'est la République qui est profanée"

Avec la profanation du cimetière de Westhoffen (Bas-Rhin), "c'est la République qui est profanée", a souligné Christophe Castaner après avoir longuement parcouru les allées de ce cimetière juif du XVIe siècle, dont plus d'une centaine de tombes ont été retrouvées mardi maculées de croix gammées, tracées à la peinture noire. Outre les sépultures de la famille Debré, ce cimetière abrite aussi celles des familles de Karl Marx ou de l'ancien président du Conseil socialiste Léon Blum.

L'Alsace est confrontée depuis plusieurs mois à une multiplication de graffitis et dégradations à caractère antisémite et/ou raciste. Avant Westhoffen, 96 tombes du cimetière juif de Quatzenheim, situé à une dizaine de kilomètres, avaient été couvertes de tags antisémites le 19 février. Auparavant, le 11 décembre 2018, le cimetière israélite de Herrlisheim, au nord-est de Strasbourg, avait également été visé. Le ou les auteurs de ces profanations n'ont pas encore été interpellés.