Procès Pastor : les enquêteurs justifient leur enquête

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Les policiers qui ont enquêté sur la mort d'Hélène Pastor et de son chauffeur ont raconté mardi devant la cour d'assises comment ils ont pu remonter jusqu'aux commanditaires présumés. 

Les enquêteurs de la police judiciaire ont détaillé mardi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône la piste qui les a menés aux assassins de la milliardaire Hélène Pastor et à leur commanditaire présumé, son propre gendre. "Il n'y a aucun doute pour nous sur la volonté d'exécution" des deux "tueurs à gages", Samine Saïd Ahmed, le tireur présumé, et Al Haïr Hamadi, le guetteur, a insisté le commissaire Philippe Frizon, qui menait l'enquête. Celle-ci avait permis de retrouver très rapidement la trace des deux hommes, qui avaient agi à visage découvert et laissé dans leur sillage une multitude d'indices : "Al Haïr Hamadi n'est pas un tueur professionnel, il a commis beaucoup d'erreurs. Il a été attiré par l'argent", a indiqué le policier. 

Des "SMS troublants". Puis la police avait passé au crible leurs appels téléphoniques, de quoi remonter jusqu'aux donneurs d'ordres présumés : Wojciech Janowski, le gendre d'Hélène Pastor, et Pascal Dauriac, son coach sportif. Pour le commissaire Frizon, les deux hommes ont échangé des "SMS troublants à des dates clés", notamment le 10 mai, quatre jours après l'agression, jour de la mort du chauffeur d'Hélène Pastor, et le 21 mai, jour du décès de la milliardaire. En garde à vue, Wojciech Janowski, désigné par son coach comme le commanditaire du double assassinat, avait avoué avant de se rétracter. Lundi, devant la cour, il a de nouveau clamé son innocence. "Si Dauriac dit vrai, alors Janowski est coupable, mais s'il ne dit pas la vérité, alors il est innocent", a plaidé mardi son avocat, Me Eric Dupond-Moretti, en s'appliquant à démonter l'enquête.

Des aveux fiables ? La garde à vue de Sylvia Pastor, la fille de la milliardaire, interpellée en même temps que son compagnon avant d'être mise hors de cause ? "Un scandale", a tonné l'avocat, selon qui "elle avait un seul but, faire pression sur lui". Et Me Dupond-Moretti de critiquer les conditions dans lesquelles les enquêteurs avaient obtenu les aveux de l'homme d'affaires polonais, "sans avocat" et "sans interprète". Mais le commissaire Frizon a maintenu ses accusations contre le gendre : "Il y a les aveux, les déclarations de Dauriac, et la piste de l'argent. Qui était capable de sortir 140.000 euros", la somme donnée aux tireurs et aux intermédiaires ?

Le 6 mai 2014, Hélène Pastor, 77 ans, héritière d'un empire immobilier monégasque, avait été visée par des tirs, avec son chauffeur égyptien, Mohamed Darwich, 63 ans, alors que son monospace quittait l'hôpital niçois où elle avait rendu visite à son fils, Gildo. Grièvement blessés, ils avaient succombé quelques jours plus tard. Au total, 10 personnes sont jugées jusqu'au 19 octobre pour leur participation à ce guet-apens mortel.