Procès Méric : une fracture compatible avec une arme, selon une contre-expertise

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proces Clement Meric : de gauche à droite Samuel Dufour, Esteban Morillo et Alexandre Eyraud
Samuel Dufour, Esteban Morillo et Alexandre Eyraud sont accusés d'avoir tué un étudiant antifasciste lors d'une rixe en 2013. © Benoit PEYRUCQ / AFP
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Aux assises de Paris, un expert a contredit vendredi l'autopsie de Clément Méric, concluant à l'existence d'une fracture des os de son nez, "compatible avec l'usage d'un poing américain".

Une contre-expertise médicale présentée vendredi aux assises de Paris a contredit l'autopsie et conclu à l'existence d'une fracture "compatible avec l'usage d'un poing américain" contre Clément Méric, étudiant antifasciste tué lors d'une rixe avec des skinheads en 2013.

L'usage ou non d'un poing américain, une question centrale. "Clément Méric a été victime de plusieurs traumatismes directs, compatibles autant avec des poings nus qu'avec des bagues et un poing américain", a déclaré à la cour un médecin expert. L'usage d'un poing américain est une des questions clés du procès : deux des trois accusés sont jugés pour des coups mortels portés en réunion et avec arme, un crime pour lequel ils encourent jusqu'à vingt ans de prison. Quinze ans si l'usage d'arme est écarté.

Une fracture "incontestable". Cette contre-expertise contredit le rapport d'autopsie du premier légiste, qui n'avait constaté "aucune fracture des os propres du nez" et écarté fermement l'utilisation d'un poing américain. Le nouvel expert a travaillé sur le dossier médical de Clément Méric, les conclusions de l'autopsie, le rapport du SAMU et effectué un scanner. Sur l'image du crâne tirée du scanner, projetée sur grand écran à l'audience, on voit très nettement une courbe noire tranchant avec le gris des os du nez : "c'est une fracture, incontestable. Le diagnostic est visible même par un non médecin", affirme le légiste.

"Un objet contondant très dense". La présidente de la cour lui fait remarquer que le premier légiste n'a vu aucune fracture, ni en disséquant l'arrête nasale ni en analysant la radio. "La radiographie est moins précise. J'ai pratiqué 2.000 autopsies, il m'est arrivé de passer à côté d'une fracture des os propres du nez (...), pourtant visible au scanner", a-t-il répondu. S'il ne privilégie aucune hypothèse concernant la fracture, les lésions "d'une grande régularité, en ligne" sur la joue gauche de Clément Méric lui "évoque un objet contondant très dense".

Verdict le 14 septembre. Un témoignage sans conteste plus favorable à l'accusation, mais qui ne permet pas de lever toutes les incertitudes et doit être confronté à la parole des protagonistes. Le principal accusé, Esteban Morillo, a reconnu avoir porté deux coups, à mains nues, à Clément Méric, dont le coup qui l'a fait s'écrouler sur la chaussée. Samuel Dufour avait des bagues mais affirme n'avoir jamais frappé Méric, et les témoins qui le désignent le confondent visiblement avec Morillo. Le verdict est attendu le 14 septembre.