Procès Lelandais : un homme "à l'abri de la culpabilité et de la honte", selon les experts

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La personnalité de Nordahl Lelandais était au cœur des débats, lundi devant les assises de Chambéry. 1:23
La personnalité de Nordahl Lelandais était au cœur des débats, lundi devant les assises de Chambéry. © AFP
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Auditionnés devant les assises de Chambéry, lundi, les experts psychologues et psychiatres ayant examiné Nordahl Lelandais ont évoqué un homme dont l'empathie se limite à sa famille et ses chiens malinois. A leurs yeux, son émotion pour Arthur Noyer ou la petite Maëlys est feinte. 

C'était une journée attendue, au procès du meurtre d'Arthur Noyer : à la barre, les experts psychologues et psychiatres ont livré, lundi, leurs conclusions quant à la personnalité de Nordahl Lelandais, accusé impénétrable. Et leur avis est sans appel : l'ancien maitre-chien de 38 ans est, selon eux, "à l'abri de la culpabilité et de la honte". 

Une empathie feinte pour ses victimes

L'un des psychiatres qui a rencontré Nordahl Lelandais en avril 2018 explique l'avoir vu pleurer plusieurs fois. Mais pour le docteur Blachère, interrogé par la cour, l'émotion de l'accusé pour la petite Maëlys ou pour Arthur Noyer était feinte. Pas, en revanche, celle pour la mort de son chien Tyron : son empathie se limite à sa famille et ses malinois.

Au départ, l'homme a bien tenté de passer pour un fou qui entendait des voix. Il a expliqué avoir vu quelque chose de monstrueux dans le regard d'Arthur Noyer, comme une hallucination. Mais les experts psychiatres n'y ont accordé aucun crédit. Les motivations du meurtre du caporal restent donc inconnues, car l'accusé refuse de s'expliquer. "Un acte colérique ou sadique", s'interroge l'un des experts ? Sans donner de réponse. 

Des sensations fortes pour combler un vide

Mais pour lui, une chose est sûre : l'accusé est à la recherche de sensations fortes, pour combler un vide et oublier ses échecs. "Si j'avais su qu'en redoublant la quatrième, il aurait fallu que je consulte un psychiatre, je l'aurais fait", ironise Nordahl Lelandais.

Pour les psychiatres, l'accusé, décrit comme menteur et manipulateur, ne dissimule toutefois pas la vérité pour tenter de diminuer sa peine mais par mécanisme de protection : il risque d'aller trop mal s'il livre trop d'éléments.

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Margaux Lannuzel