Pourquoi les dentistes font-ils grève cette semaine ?

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© LOIC VENANCE / AFP
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Deux syndicats appellent à la fermeture des cabinets dentaires cette semaine, pour protester contre la refonte des tarifs qui doit entrer en vigueur début 2019.

Mieux vaut éviter d'avoir une rage de dents cette semaine. Pour la deuxième fois de l'année, les dentistes sont appelés à fermer leurs cabinets jusqu'à vendredi, par deux syndicats. En cause, toujours, la réforme qui doit entrer en vigueur début 2019 sur une refonte des tarifs et un "zéro reste à charge" pour les patients d'ici 2022, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Mais les négociations avec le gouvernement bloquent : les dentistes dénoncent des baisses de tarifs trop lourdes, sans contrepartie.

"Économiquement, c'est insoutenable". Pour arriver à "zéro reste à charge", le gouvernement veut notamment plafonner le prix des actes les plus chers, comme l'orthodontie ou la pause de prothèses. Or, les tarifs mis sur la table sont "intenables", dénonce le docteur Marc Sabek, dentiste à Tours. Il pointe notamment les prix évoqués pour les patients bénéficiaires de la CMU. "Les tarifs posés pour une prothèse sont en-dessous du prix de fabrication. On ne peut même pas payer le prothésiste, alors qu'il y a encore nos salaires, nos charges, et nos assistants. Économiquement, c'est insoutenable", lâche-t-il.

"Il va falloir compenser". Ce sont les actes les plus onéreux qui permettent aux cabinets d'être rentables, et non pas les interventions "de base", comme le détartrage ou le traitement des caries, beaucoup moins bien payés. "Si le gouvernement veut nous mettre à contribution, il va donc falloir compenser", demande Catherine Mojaïsky, présidente de la Confédération Nationale des Syndicats Dentaires. "Si on veut remettre ces actes de base à leur juste valeur, il faudrait au moins les doubler. C'est 2 à 3 milliards d'euros, et la Sécu ne les a pas. On nous promet 800 millions sur quatre ans. C'est insuffisant", s'agace-t-elle.

En somme, les dentistes ne veulent pas être les seuls à payer pour le "reste à charge zéro", mais les mutuelles et la Sécu non plus. La ministre de la Santé espère toujours un accord avant l'été. D'ici là, il va falloir négocier.

Europe 1
Par Théo Maneval, édité par A.H.