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Pour être moins dépendante, la France peut-elle exploiter son gaz de schiste ?

Pour être moins dépendante, la France peut-elle exploiter son gaz de schiste ? [Oli SCARFF / AFP]

Comment réduire notre dépendance au pétrole et au gaz ? Et comment ne plus être contraint d'importer autant ? Des questions qui résonnent encore plus à chaque crise mondiale. La France importe aujourd'hui de plus en plus de GNL américain, du gaz de schiste qui existe pourtant dans notre sous-sol. Alors pourrait-on l'exploiter ?

Alors que le détroit d'Ormuz est de nouveau ouvert depuis le 7 avril, les questions de dépendance au gaz et au pétrole étranger se posent de plus en plus en France. Le pays est doté de plusieurs gisements sur son territoire, mais son exploitation demeure interdite. Avec le conflit, la France pourrait-elle bientôt changer de politique ? 

Des risques de pollution et de microséisme avérés

Pour exploiter le gaz de schiste en France, il y a plusieurs obstacles à franchir. En premier lieu, le pays doit revenir sur la loi Jacob de 2011 qui interdit la fracturation hydraulique, ainsi que sur l'interdiction depuis 2017 d'exploiter des hydrocarbures non conventionnels. 

Il y aurait aussi un sujet d'acceptabilité par les habitants des zones concernées. Les risques sont en effet connus : pollution des nappes phréatiques, microséismes, production de CO2 et de méthane font trembler nombre d'habitants et d'experts. 

"Les États-Unis, c'est l'Eldorado" 

De leur côté, les défenseurs d'une exploitation du gaz de schiste en France mettent en avant un gain de souveraineté. Mais encore faudrait-il que cela fasse sens sur le plan économique, prévient Emmanuel Fages, expert énergies au cabinet Roland Berger. 

"Il y a du gaz de schiste dans pas mal de sous-sols rocheux, mais il n'est pas toujours très bon marché. Donc les Etats-Unis, c'est l'Eldorado", résume-t-il. 

"Ils ont de la chance, ils ont des gros gisements qu'ils arrivent à exploiter pendant des années. Il y a d'autres pays où on avait beaucoup d'espoir et où en fait, malgré l'existence de ce gaz, on n'arrive pas à le sortir de façon économique", explique Emmanuel Fages.

La France pourrait plutôt miser sur le biométhane mais là aussi, le sujet du prix ne permet pas pour l'instant d'espérer un impact massif sur notre mix énergétique, et donc sur nos dépendances.