Canicule : pourquoi EDF va arrêter deux réacteurs nucléaires

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© PASCAL PAVANI / AFP
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EDF va arrêter cette semaine les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne. En cause ? La canicule, qui fait monter la température des fleuves et rivières.
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La canicule ne pèse pas seulement sur les organismes. Elle pousse aussi les infrastructures à s'adapter. EDF va ainsi arrêter cette semaine les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne.

Un seuil fixé à 28°C

L'objectif de ces interruptions : limiter l'échauffement de l'eau nécessaire au refroidissement des réacteurs, prélevée puis rejetée dans les rivières. "Ce que nous surveillons, c'est la température de l'eau", détaille au micro d'Europe 1 le directeur adjoint de la production nucléaire de l'entreprise, Olivier Lamarre. Celle-ci ne doit en effet pas dépasser les 28°C, sous peine de modifier l'équilibre environnemental de la Garonne, et ainsi nuire à la reproduction des poissons ou favoriser le développement d’algues et de végétaux aquatiques.

Dans le détail, le réacteur numéro 2 sera arrêté mardi soir et le numéro 1 mercredi, tous deux jusqu'au 30 juillet. "La date de fin de cet arrêt pour contraintes environnementales correspond à la fin des prévisions de température disponibles. Cet arrêt est susceptible de se prolonger", a cependant précisé EDF, lundi.

"Nos centrales sont très manœuvrantes"

"Nous le ferons en toute transparence", promet Olivier Lamarre. "Nos centrales sont très manœuvrantes. Elles peuvent baisser leur production de 80% en 30 minutes", poursuit-il. La canicule de 2003 avait d'ailleurs poussé l'électricien à réviser ses températures maximales de référence, fixées à la conception des centrales dans les années 70, et donc à renforcer ses équipements.

Quant aux risques pour l'approvisionnement en électricité, RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, se veut rassurant. "L'été, la consommation est tellement moins importante qu'en hiver (du simple au double) qu'il n'y aura pas de problème". 

Ce n'est pas la première fois qu'EDF est contraint de s'adapter aux fortes chaleurs. En août 2018, la poussée du mercure avait déjà contraint l'exploitant à moduler voire interrompre la production des réacteurs à Bugey (Ain), Saint-Alban (Isère) et Fessenheim (Haut-Rhin), pour cause de surchauffe du Rhône et du Grand Canal d'Alsace. Samedi dernier, le groupe avait encore dû baisser de manière significative la puissance des deux réacteurs de Saint-Alban et de l’un des réacteurs de la centrale du Bugey. Au total, la France compte 58 réacteurs nucléaires en activité.

Europe 1
Par Maud Descamps et Thibauld Mathieu