Policiers brûlés à Viry-Châtillon : 13 jeunes jugés pour "tentative de meurtre" à partir de mardi

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Le 8 octobre 2016, quatre fonctionnaires de police avaient été violemment attaqués à coups de pierres et de cocktails Molotov en marge de la cité de la Grande Borne. Sur une vingtaine d'assaillants potentiels, seuls 13 ont pu être identifiés.

C’est un procès sous tension qui s’annonce, entre l’émotion policière et le poids de la cité. Le procès des jeunes accusés d'avoir tenté de brûler des policiers aux cocktails Molotov à Viry-Châtillon s'ouvre mardi devant la cour d'assises des mineurs de l'Essonne, presque trois ans jour pour jour après cette attaque. Le 8 octobre 2016, quatre policiers était sauvagement attaqués dans leurs voitures par une vingtaine d'assaillants, à coups de pierres et de cocktails Molotov. Les quatre fonctionnaires ont été blessés, et grièvement pour l'un d'eux.

Treize garçons, âgés de 16 ans à 21 ans à l'époque, vont comparaître pour "tentative de meurtre" sur les policiers. Ces derniers avaient été attaqués en plein après-midi alors qu'ils protégeaient une caméra de surveillance. Celle-ci dérangeait les trafics et les vols à la portière à un carrefour situé en face de la cité sensible de la Grande Borne à Grigny. Elle avait été dégradée deux fois les jours précédents, obligeant la police à déployer quatre agents dans deux voitures, au pied du pylône. Grièvement brûlé lors de l’attaque, l’un d’eux a dû être maintenu presque deux mois dans le coma.

Absence d'images, peu de témoins...

L’absence de trace ADN et l’omerta ont compliqué l’enquête. Les rares témoins sont anonymes par peur des représailles. Sur une lointaine vidéo, les enquêteurs ont compté jusqu’à 19 silhouettes d’assaillants dont 16 avec des cocktails Molotov, mais ils ne seront que 13 à être jugés. La plupart nient les faits, quelques-uns les reconnaissent a minima. Ils font partie d’une même bande, ont grandi ensemble. Certains agresseurs présumés auraient même planifié l’attaque et choisi les participants. D’après l’enquête ils voulaient impressionner les plus jeunes, et montrer qu’ils pouvaient éloigner la police.

Cette violente agression avait déclenché une fronde inédite chez les policiers avec des manifestations hors syndicats et la création du "Mouvement des policiers en colère" (MPC). Trois ans après, le malaise est toujours aussi palpable dans la police, ainsi la marche de la colère du 2 octobre, qui a réuni 27.000 agents (selon les organisateurs). Mais pour les avocats de la défense, ce contexte ne doit pas venir perturber le procès. Il devrait se tenir à huis-clos et durer deux mois.

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Romain David