Plaignante contredite par ses SMS dans l'"affaire Ramadan" : "ces messages sont dictés par la peur", assure son avocat

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Une contre-expertise est venue contredire la version d'une des plaignantes, qui affirmait que certains messages envoyés à l'islamologue dataient d'avant le viol qu'elle dénonce. 
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L'enquête se poursuit dans le cadre de "l'affaire Tariq Ramadan" et des plaintes déposées pour viol contre l'islamologue. Comme l'a révélé lundi Europe 1une contre-expertise technique est venue contredire la version de l'une des plaignantes, Chrystelle (le prénom a été modifié). Ces 255 messages qu'elle avait elle-même exhumé, avaient été remis aux enquêteurs dans le désordre et tronqués.

Or, selon cette contre-expertise, contrairement à ce qu’elle soutenait, ces messages ne datent pas d’avant le viol qu’elle dénonce. Ainsi, selon les informations d'Europe 1, les lendemain et surlendemain des faits dénoncés, Chrystelle écrivait notamment à l'islamologue : "merci pour ces moments", ou encore "si je passais un mauvais moment je serais partie". "Ces messages sont dictés par la peur et l'emprise", explique sur Europe 1 l'avocat de la plaignante, Me Eric Morain. 

"L'expertise informatique n'est pas contestable"

Revenant sur l'erreur de sa cliente, Me Eric Morain reconnaît que "l'expertise informatique n'est pas contestable". "Sur deux ou trois SMS qu'elle a cherché à reconstituer à la seule faveur de sa mémoire, elle s'est trompée et le regrette parce qu'elle n'a jamais voulu mentir aux juges", ajoute-t-il, assurant qu'en 22 mois, "elle n'a jamais été prise en défaut sur sa mémoire". 

"Dès que l'expertise informatique a été versée au dossier, on a immédiatement demandé à ce que ma cliente soit réentendue par les juges d'instruction, sans réponse à ce jour", précise Me Eric Morain. Chrystelle "contribue à la manifestation de la vérité et souhaite continuer à le faire", martèle-t-il encore.  

"Tariq Ramadan était un des hommes les plus influents du monde"

Pour Me Eric Morain, le ton des messages s'explique par l'emprise exercée par Tariq Ramadan sur ses victimes présumées. Selon lui, "ces messages sont dictés par la peur et l'emprise. Tous les témoignages montrent qu'il cherchait à faire dire à ces femmes ce qu'elles n'avaient pas envie de dire". "C'est ce qui est arrivé à ma cliente, ajoute-t-il, "tant qu'elle n'était pas en sécurité, elle lui a dit ce qu'il voulait entendre". Et de conclure, "par la suite, les messages ont complètement changé de nature".  

"Il faut se souvenir de qui était Tariq Ramadan en 2009, en 2012, en 2014. Un des hommes les plus influents du monde. Il était reçu par le pape. Il disait à ces femmes qu'il avait des hommes prêts à mourir pour lui dans l'heure s'il le fallait". 

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Antoine Terrel