Pitié-Salpêtrière : un manifestant interpellé rejette une "intrusion" volontaire

Jacques Leleu a expliqué qu'il avait "dû emprunter l'escalier métallique qui se terminait sur une passerelle".
Jacques Leleu a expliqué qu'il avait "dû emprunter l'escalier métallique qui se terminait sur une passerelle". © Capture d'écran Facebook Nejeh Ben Farhat
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avec AFP , modifié à
Un homme interpellé le 1er mai sur la passerelle menant au service de réanimation de la Pitié-Salpêtrière a rejeté toute "intrusion" volontaire dans l'hôpital parisien, les manifestants ayant selon lui été acculés par les forces de l'ordre.

Un homme de 67 ans interpellé le 1er mai sur la passerelle menant au service de réanimation de la Pitié-Salpêtrière a rejeté toute "intrusion" volontaire dans l'hôpital parisien, les manifestants ayant selon lui été acculés par les forces de l'ordre.

"Une escouade de CRS" a forcé les manifestants à entrer "à l'intérieur" de l'enceinte de l'hôpital, il ne s'agissait "pas d'une intrusion", a affirmé Jacques Leleu, qui s'est retrouvé parmi les 31 personnes (bien 31 et non 32 comme indiqué dans un premier temps par le parquet) placées en garde à vue mercredi et toutes relâchées jeudi soir.

Mercredi soir, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait dénoncé une "attaque" visant l'établissement hospitalier, des propos qui ont provoqué une vive polémique après la diffusion de vidéos et témoignages appuyant la version d'un mouvement de panique. Face à la polémique, le ministre a été contraint vendredi de revenir sur ses propos, en estimant qu'il aurait dû utiliser le terme d'"intrusion violente".

"On était sur le boulevard, nassés depuis quelques minutes". Le sexagénaire, que l'on voit en saharienne sur une vidéo tournée par des soignants depuis l'intérieur du service de réanimation, a détaillé les circonstances dans lesquelles il s'est retrouvé avec d'autres sur la passerelle qui menait à la porte bloquée par le personnel hospitalier. "On était sur le boulevard, nassés depuis quelques minutes. Puis la police a canardé, chargé. Je me suis retrouvé devant ces grilles, elles étaient grande ouvertes, à l'entrée d'une cour où les voitures rentrent", décrit Jacques Leleu, qui manifestait avec la CGT.

"Obligés de s'allonger contre terre". "Je ne suis rentré d'abord que quelques mètres, et quand la densité des gaz était à nouveau respirable, au bout de quelques minutes je suis ressorti. Et là, il y a une escouade de CRS qui nous reflue à l'intérieur". Là, le groupe avec lequel Jacques Leleu se trouvait "a dû emprunter l'escalier métallique qui se terminait sur une passerelle", explique-t-il, dénonçant "une violence gratuite devant des gens calmes". "Certains d'entre nous avaient très, très peur. Quand on comprend que c'est une salle de réanimation, on ne rentre pas", ajoute Jacques Leleu. Puis, les policiers les "ont obligés à [s']allonger face contre terre sur les pelouses, ceinturés par 20 ou 30 CRS", avant de les faire "monter dans un autocar", relate-t-il.