Pays-de-la-Loire : dans les maisons de retraite, on manque de personnel pendant les fêtes

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© NICOLAS TUCAT / AFP
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Europe 1 s'est rendu dans une maison de retraite de Loire-Atlantique où le directeur a le plus grand mal à trouver du personnel pour les fêtes de fin d'année. Pour les résidents, les conséquences sont directes.

La situation est critique. 350 directeurs de maisons de retraite des Pays-de-la-Loire viennent d'adresser une lettre aux élus et à Emmanuel Macron pour dénoncer le manque de moyens, les difficultés à recruter du personnel et l'épuisement de leurs soignants, complètement débordés. "En cette période de vacances, trouver une infirmière ou une aide-soignante relève de la haute voltige", écrivent-ils dans cet appel à l'aide.

Une pénurie de personnel inédite. À la maison de retraite de Saint-Joseph, qui héberge 212 résidents, il manque dix soignants. Le directeur Philippe Caillon vient de recruter à la dernière minute une infirmière ukrainienne pour faire office d'aide-soignante de nuit, temporairement, pendant les fêtes. "C'est la première année où l'on a une telle pénurie", déplore-t-il. "On est très inquiets. Surtout, on n'aimerait pas avoir une épidémie de grippe ou de gastro-entérite à cette période." Les conséquences de ce manque de personnel sont nombreuses et impacteront directement le quotidien des résidents. "Des toilettes vont être repoussées, des personnes vont être recouchées très précocement", liste-t-il.

Des employés épuisés. "On risque aussi de se retrouver avec des salariés hyper fatigués à la fin de cette période, avec probablement des arrêts maladie, et/ou des accidents de travail", craint Philippe Caillon. Claudine, aide-soignante, a récemment vécu un arrêt obligatoire pour cause de fatigue extrême. "Je me suis arrêtée quinze jours parce que j'étais à bout de souffle. C'était la première fois que ça m'arrivait", confie-t-elle. "S'il n'y a pas d'efforts faits par le gouvernement, c'est sûr que l'on va s'épuiser. On va s'arrêter et ils ne trouveront personne pour nous remplacer. Je pense que les jeunes ne seront pas arrêtés par des métiers aussi pénibles", avance l'aide-soignante.

"Un phénomène chronique". "Il y a des conditions de travail très difficiles, qui ont pour conséquences un absentéisme de plus de 10% dans ces établissements, un nombre d'accidents du travail quasiment doublés par rapport à ce que l'on voit dans le BTP. La situation pendant les vacances est préoccupante, mais c'est un phénomène chronique", explique au micro d'Europe 1 la députée Monique Iborra (LREM), qui avait justement dirigé une mission d'enquête parlementaire sur le manque d'effectifs dans les EHPAD.

Cette année, le directeur de la maison de retraite de Saint-Joseph devra exceptionnellement mettre les familles à contribution pour les fêtes du réveillon.

Europe 1
Par François Coulon, Olivier Samain, édité par A.H.