La France peut-elle interdire les Frères musulmans, comme c'est le cas aux Émirats arabes unis, en Égypte ou en Russie ? Alors que le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau veut rendre public un rapport "accablant" sur le "frérisme, les Frères musulmans et leur entrisme", après le rétablissement du contrat liant l'État au lycée musulman Averroès de Lille, Claude Moniquet, spécialiste des questions de terrorisme, explique dans l'émission Pascal Praud et vous pourquoi il est difficile de les interdire.
"La première raison, c'est que les Frères musulmans n'existent pas : il n'y a pas une pancarte, une plaque sur une porte dans un arrondissement de Paris. Ils agissent par le biais d'organisations qui leur sont affiliées. Deuxièmement, c'est une idéologie, donc on pourrait dissoudre toutes les organisations qu'on voudrait, elles continueraient et les organisations se recréeraient sous d'autres noms", affirme-t-il, mentionnant comme troisième raison l'exemple du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), devenu Collectif contre l'islamophobie en Europe après sa dissolution en 2020.