"Pas de leader, pas d'organisation, pas de perspective" : le mouvement des gilets jaunes vu par Jean-Michel Aphatie

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"C'est un mouvement que l'on n'a jamais connu et qui effraye le gouvernement", pointe Jean-Michel Aphatie. 2:35
"C'est un mouvement que l'on n'a jamais connu et qui effraye le gouvernement", pointe Jean-Michel Aphatie.
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Pour l'éditorialiste Jean-Michel Aphatie, les nombreuses inconnues qui pèsent sur la journée de blocage du 17 novembre légitiment la crainte du gouvernement de débordements.
EDITO

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a mis en garde lundi les "gilets jaunes". Les blocages prévus samedi prochain, 17 novembre, par les automobilistes protestataires non déclarés seront considérés comme illégaux et seront sanctionnés, a-t-il fait savoir. Une semonce derrière laquelle transparaît l'inquiétude du gouvernement, estime Jean-Michel Aphatie. "Les revendications sont floues. Ils s'organisent dans une forme de désorganisation. C'est un mouvement que l'on n'a jamais connu et qui effraye le gouvernement", pointe-t-il mardi, au micro de Pierre de Vilno sur Europe 1.

Un mouvement "dépassé par la colère". "Il n'y a pas de leader repéré, il n'y a pas d'organisation pour l'encadrer, les mots d'ordre sont flous", souligne l'éditorialiste. "Le samedi 17 novembre, pour la France qui a une longue pratique des conflits sociaux, c'est un saut dans l'inconnu", analyse-t-il. "Ce qui trouble, ce sont les buts poursuivis. On a l'impression que le point de départ, qui était la protestation contre le prix de l'essence, est dépassé par la colère, la rancœur qui s'exprime", relève Jean-Michel Apathie. "Il n'y a pas de perspective à ce mouvement. Le 17 novembre et après ? Rien n'est planifié, personne ne sait ce qui va se passer après".

Un risque de blocage massif ? L'éditorialiste pointe également une inconnue quant à la forme même que va prendre ce mouvement de protestation. "On parle de blocages, plus d'un millier de blocages d'après les cartes qui sont publiées sur Internet. Blocage de quoi ? Des routes et des rocades autour des grandes-villes. Mais si ça n'est pas bien organisé, on bloquera aussi des ambulances et des camions de pompiers qui porteront secours à des gens en difficultés. C'est une très lourde responsabilité", martèle-t-il.

Alors que l'un des leaders franciliens du mouvement a indiqué dans les colonnes du Monde que l'objectif tacite du mouvement était de "marcher sur l'Elysée", Jean-Michel Aphatie dénonce un "sentiment putschiste". "Le gouvernement est tétanisé par ce mouvement", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David