Parcoursup : 58.000 candidats toujours en attente de places

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Selon le dernier décompte du ministère de l'Enseignement supérieur, 58.724 candidats sur un total de 900.000 n'avaient pas vendredi d'offre d'affectation : 32.723 lycéens et 26.001 candidats en réorientation ou scolarisés à l'étranger.

Bientôt la fin du stress pour des centaines de milliers de lycéens. Il ne reste en effet plus que quelques heures avant la fin de la phase principale de Parcoursup, qui s'achève vendredi à minuit. Mais alors que la plateforme d'accès avait été très décriée l'an dernier, 58.000 candidats se trouvent encore sans proposition d'affectation pour la rentrée prochaine. Si le ministère se félicite de ce léger mieux par rapport à 2018, les syndicats étudiants déplorent eux à nouveau des dysfonctionnements. Europe 1 fait le point. 

Quels sont les chiffres officiels ? 

Selon le dernier décompte du ministère de l'Enseignement supérieur, 58.724 candidats sur un total de 900.000 n'avaient pas vendredi d'offre d'affectation : 32.723 lycéens et 26.001 candidats en réorientation ou scolarisés à l'étranger.

Le système a-t-il mieux fonctionné ? Oui, répond le ministère 

Dans un communiqué, le ministère de l'Enseignement supérieur indique que vendredi, "près de 89% des candidats lycéens ont reçu au moins une proposition d'admission contre 83% en 2018 à la même période". Au vu de ces chiffres, dans l'entourage de la ministre Frédérique Vidal, on se félicite que la procédure soit allée "plus vite", apportant davantage de "sérénité dans les lycées".

Pour améliorer la plateforme, critiquée lors de sa première édition à cause de délais de réponse trop lents, le gouvernement a raccourci le calendrier afin de remettre dans le système plus rapidement les places refusées. En effet, il y a un an, certains n'étaient toujours pas fixés sur leur sort quelques jours seulement avant la rentrée car la phase principale se terminait le 5 septembre.

Cette année, Parcoursup a tout de même connu un gros bug, qui s'est traduit par l'envoi par erreur en mai de réponses favorables à des vœux d'études supérieures.

Que disent les syndicats ?

Du côté des organisations syndicales, les réactions sont plus mesurées. L'Unef estime que la version 2019 n'a pas mieux fonctionné", voire moins bien puisqu'il y a davantage de jeunes sans inscription que l'an passé à la fin de la procédure principale.

La Sgen-CFDT s'est en revanche félicitée des améliorations apportées par le gouvernement : "Les délais ont été raccourcis, ça a largement fluidifié la plateforme", indique la secrétaire générale du syndicat Françoise Lambert. "Et après une année de rodage, on a noté moins d'angoisse chez les candidats".

"Finalement les chiffres sont assez semblables à ceux de l'an dernier; on voit juste une légère amélioration dans les délais, avec des réponses qui arrivent un peu plus en amont", déclare pour sa part Orlane François, présidente de la Fage, premier syndicat étudiant, qui a soutenu la réforme sur l'entrée à l'université et la mise en place de Parcoursup. Mais "on a toujours en juillet des milliers d'étudiants qui n'ont pas de réponse", déplore-t-elle. Selon elle, le problème de fond reste le même : "le manque de places dans l'enseignement supérieur". 

Un avis partagé par Mélanie Luce, présidente de l'Unef. "L'an dernier, le ministère avait créé 30.000 places dans les filières les plus demandées. Ce qui n'a pas été le cas cette année", fustige-t-elle. "Malheureusement, ceux qui sont en attente depuis trop longtemps finissent par accepter des choix qui leur sont proposés par peur de ne rien avoir".

Et maintenant ? 

Pour tous ceux qui vont rester sans réponse à compter de vendredi soir, il est conseillé de regarder les places vacantes de la phase dite "complémentaire", ouverte depuis le 25 juin. Une possibilité qui leur sera offerte jusqu'au 13 septembre. Selon le ministère, 92.00 places sont toujours disponibles : plus de 26.000 en BTS, plus de 2.000 en DUT, plus de 4.200 en CPGE, et plus de 49.000 places en licence.

Les candidats peuvent aussi solliciter la Commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) de leur rectorat, qui essayera de leur proposer une solution adaptée. Comme le rappelle Franceinfo, si vous êtes dans ce cas, vous avez un mois pour formuler votre demande à compter de la notification reçue sur Parcoursup. La demande doit être envoyée par lettre recommandée envoyée au chef d'établissement avec une copie par mail.

Enfin, tout étudiant refusé peut aussi saisir le tribunal administratif dans les deux mois suivant la décision de Parcoursup. Mais les délais peuvent être très long, jusqu'à un an. 

Europe 1
Par Europe1.fr avec AFP