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«On se fait tirer comme des pigeons» : près de 3.000 policiers manifestent à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail

Après plusieurs semaines de violences en marge du mouvement lycéen, la colère gagne les rangs de la police. Ce jeudi, près de 2.700 fonctionnaires se sont réunis au Grand Rex, à Paris, à l'appel du syndicat Unité. Ils dénoncent le manque de moyens et leurs conditions de travail. 

Les policiers sont dans la rue, non pas pour assurer le maintien de l'ordre, mais pour manifester. Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne, marquées par des affrontements et près de 1.000 blessés dans les rangs des forces de l'ordre, les syndicats de police montent au créneau pour dénoncer leurs conditions de travail. Mercredi, le syndicat Alliance a annoncé le dépôt d'une plainte contre l'État pour "mise en danger de la vie d'autrui", une initiative inédite selon l'organisation.

Ce jeudi, c'est au tour du syndicat Unité de manifester sa colère dans les rues de Paris. Au Grand Rex, boulevard Poissonnière, près de 2.700 fonctionnaires se sont réunis en assemblée générale pendant deux heures. Parmi eux, des CRS, des policiers de la brigade anticriminalité (BAC), mais aussi des agents de police-secours et des compagnies d'intervention.

"On est là pour dire qu'on ne lâchera pas, qu'on soutient l'ensemble des effectifs"

Beaucoup ont été mobilisés ces dernières semaines lors des blocages lycéens et dénoncent aujourd'hui un épuisement grandissant. Sur place, Reda Belhaj, porte-parole du syndicat Unité Île-de-France, ne cache pas sa colère. "On dénonce l'augmentation des commissaires de police alors que nous, on n'a absolument que dalle. On dénonce les décalages à répétition, le manque de moyens", explique-t-il au micro d'Europe 1.

Le syndicaliste réclame également une présomption de légitimité de l'usage des armes pour les forces de l'ordre. Il dénonce surtout les conditions dans lesquelles les policiers ont dû intervenir ces dernières semaines. "On a 937 blessés aujourd'hui dans nos rangs en trois semaines. On se fait tirer comme des pigeons, on nous enlève nos grenades, on nous interdit d'utiliser le LBD", s'indigne Reda Belhaj. 

"On est là pour dire qu'on ne lâchera pas, qu'on soutient l'ensemble des effectifs. On est là aussi pour montrer notre colère", insiste le porte-parole d'Unité. À l'issue de leur assemblée générale au Grand Rex, les policiers doivent défiler dans les rues de la capitale. Un parcours d'environ un kilomètre est prévu en direction de la place de la République, afin de faire entendre leurs revendications.