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«On reçoit des menaces pour des notes» : l'insupportable pression des élèves et des parents sur les professeurs

[Adrien NOWAK / Hans Lucas via AFP]

Quelques heures après l'attaque au couteau contre une professeure dans le Var, le malaise au sein de la communauté éducative grandit. Partout dans le pays, de nombreux professeurs sont confrontés à des comportements violents de la part des élèves ou de leurs parents.

Une professeure encore à l'hôpital et un jeune adolescent de 14 ans qui se réveille en prison. Le drame de Sanary-sur-Mer, dans le Var, apparaît comme un symptôme d'une violence qui gangrène ce sanctuaire qu'était autrefois l'école de la République.

"Mon grand frère va venir te planter"

La peur au ventre, certains profs hésitent désormais à sanctionner par peur de représailles. C'est le cas dans un collège sensible de la banlieue de Toulouse, en Haute-Garonne. Dans l'établissement, les tentatives d'intimidation sur les enseignants sont tout sauf des cas isolés. Thierry, professeur de mathématiques depuis 20 ans, a bien vu le basculement de ses élèves. 

"On reçoit des menaces pour des notes, des 'Tu vas voir, mon grand frère va venir te planter'. C'est quelque chose qu'on entend fréquemment. On avait quand même l'impression que l'école était sanctuarisée, mais on voit quand même que les choses sont différentes d'il y a 20 ans", confie-t-il au micro d'Europe 1. 

Une pression constante

"Les violences ont fini par rentrer dans l'école. Et puis, on a des parents qui ne sont pas tout le temps solidaires de la communauté éducative. C'est un peu le code de la rue maintenant", regrette-t-il. 

Un code de la rue qui parfois fait capituler les jeunes enseignants comme Patrick. "J'ai été invectivé par un parent d'élève. Il m'a pris à partie à l'entrée du lycée, jugeant que ma note était trop faible. Donc j'ai accepté de revoir la note pour avoir la paix. C'est quand même une pression que j'ai ressentie à ce moment-là", souligne le jeune homme. 

Une pression constante qui explique aussi pourquoi ce département ne fait pas exception à la tendance nationale. Ici aussi, les demandes de protection fonctionnelle de la part des professeurs n'ont jamais été aussi nombreuses.