Face à la flambée persistante des prix des carburants avant le week-end de la Pentecôte, le gouvernement prolonge et élargit ses aides pour certains secteurs. Mais chez les taxis, les annonces de l’exécutif passent mal : beaucoup dénoncent des mesures insuffisantes et craignent pour l’avenir de leur profession.
Avant ce grand week-end prolongé, les prix des carburants restent au plus haut dans les stations-service du pays. Pour y faire face, le Premier ministre a annoncé jeudi la prolongation et l’élargissement de mesures déjà présentées, notamment pour les grands rouleurs.
Ces automobilistes doivent toucher 100 euros dans les prochaines semaines, au lieu de 50 euros. Les aides à domicile rejoignent aussi la liste des secteurs déjà aidés par l’État, comme le BTP, les transporteurs, les pêcheurs ou encore les agriculteurs. Parmi les déçus : les dépanneurs et les taxis.
À partir du 1er octobre, les chauffeurs bénéficieront d’une aide à l’achat allant jusqu’à 5.500 euros pour un véhicule électrique, ainsi que d’une avance sur le remboursement de la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Mais par rapport aux autres secteurs, les taxis s’estiment lésés.
"On connaît le manège maintenant"
Patrick est chauffeur de taxi depuis six ans. Il roule en hybride et l’aide à l’achat d’un véhicule électrique ne le fera pas changer de voiture. "Ok pour l’électrique, ok. Ils nous font passer à l’électrique et derrière, on va être taxés, on connaît le manège maintenant. Donc je ne passerai pas à l’électrique. Ça ne va rien changer du tout, c’est toujours pareil avec eux. Qu’ils nous aident ou pas, ce sera toujours pareil", déplore-t-il.
Guillaume, de son côté, attend son prochain client. Il a écouté les annonces du gouvernement jeudi. Selon lui, l’avance sur le remboursement de la TICPE est un écran de fumée. "Avancer, ce n’est pas donner. Donc ce n’est pas une aide finalement. Ils pouvaient peut-être aller un peu plus loin pour aider les gens, mais je ne sais pas, soit ils ne veulent pas, soit ils ne peuvent pas", juge-t-il.
"Tous nos bénéfices passent dans l’essence"
Chauffeur depuis 27 ans dans la capitale, Sébastien, lui, n’y croit plus. "Quand on regarde combien on paye, avant on mettait 50 euros, maintenant on en paye 100 pour faire le plein. Franchement, la plupart de mes collègues, et moi-même, on pense arrêter ce métier parce qu’on ne peut plus travailler comme ça. Tous nos bénéfices passent dans l’essence, la consommation, les taxes… Ce n’est pas très clair", s’inquiète le professionnel.
Le sexagénaire espère toujours que le gouvernement finira par changer d’avis et baissera les taxes sur le carburant.