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«Il faut se bouger» : les automobilistes réclament des mesures plus fortes du gouvernement

Les Marseillais rencontrés à la pompe n'attendent plus que des aides soient décidées par le gouvernement. [Hans Lucas / AFP]

Malgré les 710 millions d’euros d’aides annoncés par le gouvernement face à la flambée des carburants, les automobilistes rencontrés à Marseille ne cachent plus leur lassitude. Particuliers et professionnels dénoncent des mesures insuffisantes et disent s’être déjà adaptés à la crise.

Alors que le gouvernement annonce 710 millions d’euros d’aides nouvelles, que répondent les automobilistes ? Pour l’association 40 Millions d'automobilistes, qui demande une baisse des taxes, "le gouvernement persiste dans l’erreur". Sur le terrain, dans la région de Marseille, les Français sont dépités, professionnels comme particuliers. Les automobilistes n'attendent plus rien du gouvernement.

"Il faut descendre dans la rue"

Face au refus d’une baisse de la fiscalité sur les carburants, certains, comme Pascal, estiment même que les Français doivent désormais faire entendre leur mécontentement dans la rue. "À un moment donné, il va falloir quand même se bouger un peu, parce que là, ce n'est pas normal. Il faut descendre dans la rue, mais il ne faut pas que ce soit récupéré par des extrémistes, comme LFI, par exemple", insiste-t-il.

Mais beaucoup semblent résignés, notamment les chefs d'entreprise, car les affaires sont difficiles, en particulier pour Reda, traiteur à Marseille. "On n'est pas impactés comme les grosses sociétés qui font du transport. On n'est pas pris en compte. Voilà, on n'est pas aidés. Pour les livraisons, je suis vraiment impacté. Je n'arrive plus à livrer. Les clients ne veulent pas payer les frais de livraison. On ne peut plus livrer en dehors de Marseille, malheureusement. Je refuse, franchement, je refuse des clients", déplore-t-il.

Sébastien, artisan dans la rénovation de bâtiments, parcourt plus de 50.000 kilomètres par an. Pour ce gros rouleur, la situation économique est devenue très difficile. Malgré la baisse de son activité, il ne compte pas sur les aides de l'État : "Je ne fais pas trop mes papiers pour les aides. Je préfère travailler qu'attendre après les aides, on n'a rien. Il faut se débrouiller, transpirer. Là, j'ai moins 40 % de chiffre d'affaires. C'est énorme. Les clients ne comprennent pas la hausse des prix."

Taxi depuis 32 ans, Michel partage le même scepticisme. Lui non plus n'a pas suivi les dernières annonces gouvernementales et ne compte pas monter de dossier : "Moi, je ne cherche plus rien. Je ne veux rien. C'est tout bidon, monsieur. Les aides de quoi ? Ils vont me faire quoi de plus ? C'est compliqué. Avec le Covid, déjà, même le comptable ne comprenait pas. Il me disait : 'C'est un truc de fou.'"

Les Marseillais rencontrés à la pompe n'attendent plus que des aides soient décidées par le gouvernement. Ils se sont déjà organisés depuis un moment, aussi bien dans leur vie privée que professionnelle, tout en priant pour que cette crise prenne fin le plus rapidement possible.