À deux jours d'une nouvelle journée de mobilisation, les commerçants du quartier parisien de République sont inquiets. Beaucoup hésitent entre baisser le rideau et tenir coûte que coûte.
Fermer ou tenir bon ? C'est la question que de nombreux commerçants se posent dans le quartier de République, à Paris, à deux jours d'un nouvel appel à la mobilisation. Toujours fortement marqués par le déchaînement de violence dont ils ont été témoins, voire victimes samedi dernier, tous réfléchissent à ce qui leur paraît être le mieux.
Baisser le rideau
Au milieu de la chaussée encore calcinée et des boutiques barricadées, Florian travaille la peur au ventre. Si sa boutique a été épargnée le week-end dernier, il compte bien la fermer ce week-end. Et pour éviter qu'elle ne soit la cible de débordements, le commerçant "va essayer de la rendre complètement obsolète, de la maquiller du mieux possible pour ne pas se faire remarquer".
À quelques portes de là, le rideau de Julien est à moitié levé. Assis à son bureau, il contemple sa boutique dévastée par les pilleurs, en attendant que les représentants de l'assurance viennent dresser le bilan des dégâts. S'il a presque tout perdu, il lui reste un peu de marchandise et il compte bien la protéger du mieux possible samedi.
Cependant, par manque de trésorerie, le gérant est incapable de prendre un vigile. Ainsi, "ce sera nous les vigiles", confie-t-il au micro d'Europe 1. "Le rideau restera baissé et on sera quelques-uns de l’équipe derrière à surveiller, on ne sait jamais", poursuit Julien avant de souffler que si les casseurs "veulent vraiment ouvrir, ils ouvriront de toute manière.”
Tenir bon coûte que coûte
Derrière la porte provisoire en contreplaqué, le salon de José est inhabituellement désert. Inquiet après les événements de samedi 17 octobre, le coiffeur de 40 ans n'est pas moins déterminé à tenir bon. Samedi, son équipe et lui seront au rendez-vous pour accueillir leurs clients.
Particulièrement remonté, le coiffeur l'assure : "on ne va pas baisser les bras, stop, qu'on nous laisse bosser !" Il tempère tout de même en assurant que, si la manifestation "part en sucette", il dira à ses employées "de partir parce que la dernière fois elles ont eu très peur. Elles se sont enfuies par la cave, rendez-vous compte. C'était une horreur, c'était une horde de malades, des fous !”
De son côté, José était resté une partie de la nuit afin de protéger son salon, avant de s'enfuir également par la cave aux alentours de 2h du matin. Une action qu'il est prêt à réitérer, au besoin, samedi prochain.